France : fin d’une présence historique, le Carmel de Compiègne ferme après quatre siècles

Aimée MUSENGA
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Après près de quatre siècles de présence dans le diocèse de Beauvais, le Carmel de Compiègne, situé à Jonquières, s’apprête à fermer ses portes. Les six religieuses encore présentes quitteront les lieux dans les mois à venir pour rejoindre des maisons de retraite ou d’autres communautés.

Cette décision, qualifiée de difficile, concerne un monastère contemplatif marqué par une histoire singulière, notamment liée aux seize carmélites de Compiègne, martyrisées durant la Révolution française.

Jacques Benoît-Gonnin, évêque de Beauvais, Senlis et Noyon, a expliqué que cette fermeture résulte de la diminution des vocations religieuses, du vieillissement des sœurs et de l’absence de nouveaux renforts.

 Dans un communiqué publié le 21 avril 2026, il a salué « leur témoignage silencieux, leur prière fidèle, leur cœur ouvert aux intentions qui leur étaient confiées ».

Fondé en 1641, le Carmel de Compiègne a été profondément marqué par les événements révolutionnaires. En 1790, les ordres religieux contemplatifs ont été dissous, et les vœux déclarés nuls.

 Expulsées en 1792, les religieuses furent arrêtées puis guillotinées le 17 juillet 1794 sur l’actuelle Place de la Nation.

Les seize martyres ont été béatifiées en 1906 par Pie X, et leur canonisation équipollente a été reconnue par décret de Pape François le 18 décembre 2024.

Sous la chapelle du Carmel de Jonquières se trouvait le mémorial des seize carmélites, comprenant une crypte où est vénérée la statuette de la Vierge embrassée par les religieuses au pied de l’échafaud, ainsi qu’un petit musée conservant manuscrits et objets liés à leur vie de prière.

L’évêque a enfin indiqué porter dans la prière l’avenir des sœurs concernées ainsi que celui de ce lieu marqué par la mémoire des carmélites.

DIA-CENCO

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