Les élections générales se sont tenues ce jeudi en Ouganda dans un climat tendu, marqué par une coupure totale de l’accès à Internet à l’échelle nationale. La mesure, ordonnée par la Commission ougandaise des communications (UCC), a contraint les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseurs d’accès à suspendre les services publics d’Internet, officiellement afin de lutter contre la désinformation et de préserver la sécurité durant la période électorale. La coupure est entrée en vigueur le mardi 13 janvier à 18 heures.
Cette décision intervient dans un contexte de préoccupations croissantes exprimées par l’Église catholique face à un climat de peur et d’anxiété au sein de la population. Lors d’une homélie prononcée le 6 janvier à Nkokonjeru, l’archevêque de Kampala, Mgr Paul Ssemogerere, a dénoncé les discours clivants relayés par certains médias, qu’il estime susceptibles d’alimenter la tension. Il a appelé à des élections pacifiques, affirmant qu’un scrutin apaisé est indispensable pour garantir la justice, la liberté et l’harmonie nationale.
Dans la même dynamique, la Conférence épiscopale ougandaise a publié, le 7 janvier, une prière nationale à l’approche du scrutin. Les évêques ont invité les citoyens à rechercher la sagesse divine pour des élections pacifiques, libres et équitables, tout en exhortant la Commission électorale à exercer sa mission avec intégrité, équité et vérité. Ils ont également encouragé l’ensemble des fidèles à s’unir dans la prière pour la nation.
Les électeurs étaient appelés à élire le président de la République ainsi que les 499 membres de l’Assemblée nationale. Huit candidats se sont affrontés lors de l’élection présidentielle, parmi lesquels le président sortant Yoweri Kaguta Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis 1986 sous la bannière du Mouvement national de résistance. Robert Kyagulanyi Ssentamu du Parti de l’unité nationale, Nandala Mafabi du Forum pour le changement démocratique et Kasibante Robert du Parti national des paysans figuraient également parmi les principaux candidats.
Le scrutin s’est déroulé sous une forte présence des forces de sécurité, dans un contexte de restrictions pesant sur l’opposition et les organisations civiques. Des arrestations de partisans de l’opposition et des limitations de l’espace civique ont été signalées. Les Nations unies et plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes face à des allégations de répression, d’intimidation des opposants et d’atteintes à la liberté d’expression.
Des missions d’observation électorale de l’Union africaine, du Marché commun de l’Afrique orientale et australe et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement suivent le déroulement du processus électoral. Conformément à la Constitution ougandaise, la Commission électorale est tenue de publier les résultats officiels dans un délai de 48 heures après le scrutin. Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages valablement exprimés ; faute de quoi un second tour devra être organisé dans les 30 jours.
La loi fondamentale prévoit également des mécanismes de recours permettant aux candidats de contester les résultats devant la Cour suprême dans un délai de 15 jours suivant leur proclamation. Ce cadre constitutionnel vise à garantir la transparence, la légalité et la crédibilité du processus électoral en Ouganda.
Agence DIACENCO
Source : Aciafrique
