Éducation : Ouverture solennelle de la session de concertation des coordinateurs et conseillers résidents des Écoles Conventionnées Catholiques au Centre catholique Nganda de Kinshasa.

Aimée MUSENGA
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Le 1er Secrétaire général adjoint de la CENCO, l’abbé Georges Kalenga, intervenant en lieu et place de Mgr Gaston Ruvezi, Président de la Commission Episcopale pour l’Education Chrétienne empêché, a ouvert solennellement , ce Jeudi 12 fevrier au Centre catholique Nganda, une session stratégique de concertation réunissant les coordinateurs ainsi que les conseillers résidents des Écoles Conventionnées Catholiques (ECCath), en présence du Vice-ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Théodore Kazadi Muayila, des Secrétaires executifs des différentes commissions Episcopales et des acteurs éducatifs invités.

Durant quatre jours, ces responsables venus de toutes les provinces ecclésiastiques de la République démocratique du Congo vont réfléchir à l’harmonisation de l’action éducative catholique avec les réformes engagées , à la lumière du Pacte Éducatif Africain.

l’Abbé Emmanuel Bashiki K., Coordinateur national des ECCath et Secrétaire exécutif de la Commission Épiscopale pour l’Éducation Chrétienne, a dans son mot de bienvenue,
dressé un état des lieux sans complaisance de la situation des écoles conventionnées catholiques.

Il a salué l’engagement des coordinateurs et conseillers résidents qui, malgré des conditions particulièrement difficiles, poursuivent leur mission administrative et pédagogique. « Vous travaillez en dépit d’une situation financière très précaire », a-t-il souligné, évoquant les incompréhensions administratives observées notamment à Kinshasa et Lubumbashi, les difficultés d’accès dans plusieurs territoires enclavés Ilebo, Mweka, Luebo, Kankenge, Mweneditu, Tshilomba, Kabeya Kamwanga, Kolwezi, Sandoa ainsi que les défis sécuritaires persistants à Goma, Bukavu, Rutshuru, Béni, en Ituri et à Kouamouth.

À ces réalités s’ajoutent le manque de moyens logistiques, l’insuffisance des frais de fonctionnement et le non-respect de certaines dispositions de l’Accord spécifique sur l’Éducation, a t-il reconnu.

Face à ces défis, l’Abbé Bashiki a plaidé pour une concertation approfondie afin d’améliorer les conditions de travail, de définir des orientations adaptées et de formuler des propositions concrètes à soumettre aux autorités compétentes. Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée avec l’État, notamment dans le contexte de la gratuité de l’enseignement, ainsi que sur la recherche de mécanismes de financement durables, y compris à travers des structures telles que l’Ageas/CENCO.

Au cœur des travaux figurent également des questions sensibles : régime disciplinaire, recrutement fondé sur le mérite, gestion des mutations et transferts, retraites, décès, régularisation des agents mécanisés ou à mécaniser.
L’Abbé Bashiki a enfin mis en avant l’urgence de moderniser l’administration scolaire par la numérisation, en partenariat avec la plateforme Yecolapp.
Pour lui, l’appropriation du Pacte Éducatif Africain constitue une exigence majeure afin d’inscrire l’école catholique congolaise dans une dynamique de réforme cohérente, inclusive et durable.

Dans le mot de circonstance du Secrétariat général de la CENCO, l’abbé Georges Kalenga, 1er Secrétaire général adjoint, a souligné que ces concertations constituent un moment fort de réflexion commune pour assurer la bonne marche des Écoles Conventionnées Catholiques, dans une Église soucieuse de contribuer activement à l’édification d’un Congo prospère par l’éducation.

Rappelant que l’éducation demeure une priorité cruciale pour la CENCO depuis l’indépendance, il a évoqué les préoccupations actuelles de l’Épiscopat à savoir : le Pacte Éducatif Chrétien, l’éducation à la paix et au bien-vivre ensemble, la promotion de la dimension évangélique de la pastorale scolaire, la sauvegarde des mineurs et des personnes vulnérables, ainsi que l’éducation inclusive.

À ces enjeux s’ajoutent les défis liés à la qualité de l’enseignement, aux effets de la gratuité, aux infrastructures scolaires et aux réformes engagées par l’État, notamment le e-recrutement et la rationalisation des bureaux gestionnaires.

Le 1er Secrétaire général adjoint de la CENCO a insisté sur l’importance des avis et suggestions des Coordinateurs Provinciaux, Diocésains et des Conseillers Résidents, attendus par l’Épiscopat pour mieux cerner la réalité du terrain, évaluer l’état du partenariat avec l’État, la portée de l’Accord spécifique et la problématique persistante des Nouvelles Unités.
Enfin, il a encouragé les participants à vivre des échanges féconds sur les plans pédagogique, administratif, financier et pastoral, rappelant que l’école demeure le premier lieu d’évangélisation, en référence à Gravissimum Educationis.


L’engagement du Gouvernement réaffirmé par le Vice-ministre Kazadi Théodore Muayila
Représentant la Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, le Vice-ministre Théodore Kazadi Muayila a rehaussé de sa présence l’ouverture de cette concertation stratégique.
Il a exprimé la gratitude du Gouvernement à la CENCO pour le haut patronage accordé à ces assises et salué une initiative « visionnaire », organisée à un moment crucial pour le système éducatif congolais.
Selon lui, le thème de la session résonne avec acuité dans le contexte actuel, car « l’éducation est par essence un acte de foi, un engagement moral envers les générations futures et un levier de transformation sociale ». Il a souligné que les réformes engagées par le Ministère visent l’amélioration de la gouvernance éducative, la valorisation du personnel enseignant, la modernisation de l’administration scolaire et le renforcement de l’éducation citoyenne aux valeurs de paix et de responsabilité.


Le Vice-ministre a estimé que ce forum constitue une opportunité stratégique pour le Secrétariat général, la Direction des ressources humaines et l’Inspection générale d’échanger avec les gestionnaires des écoles conventionnées catholiques sur les défis et les perspectives des réformes en cours, dans un esprit de transparence et de co-construction.


Transmettant le message de la Ministre d’État Raïssa Malu, il a réaffirmé que le partenariat historique entre l’Église catholique et l’État demeure un pilier fondamental pour garantir une éducation de qualité, inclusive et porteuse des valeurs humanistes. Il a exprimé le souhait que cette concertation débouche sur des recommandations opérationnelles et renforce la synergie entre l’État et les acteurs éducatifs chrétiens, en vue de bâtir une école congolaise formant des citoyens compétents, responsables et profondément enracinés dans les valeurs du vivre-ensemble.


Une concertation sous le signe de l’espérance éducative
À travers cette session de Kinshasa, l’Église catholique et le Gouvernement réaffirment leur volonté commune de consolider les réformes éducatives et de renforcer la gouvernance des Écoles Conventionnées Catholiques.
Placée sous le signe de la responsabilité, de la réforme et de l’espérance, cette concertation apparaît comme un moment stratégique pour repenser l’avenir de l’éducation en République démocratique du Congo, au service de la jeunesse et du développement intégral de la Nation.

Prenant la parole et cette fois, au nom de Monseigneur Gaston Ruvezi, Président de la Commission Épiscopale pour l’Éducation Chrétienne, l’Abbé Georges Kalenga, a officiellement procédé à l’ouverture solennelle de la session. A cette occasion , il a rappelé que l’implication de l’Église dans le domaine éducatif ne relève pas d’un privilège, mais d’une mission fondée sur le mandat évangélique : « Allez, enseignez toutes les nations… ».
Il a souligné que les coordinateurs et conseillers résidents exercent leur charge au nom des évêques, en qualité de représentants légaux, et qu’ils portent une responsabilité à la fois pastorale et administrative. Il les a exhortés à faire de cette session un cadre d’évaluation lucide et de propositions audacieuses, notamment sur l’autofinancement des bureaux gestionnaires, la gestion disciplinaire, le mode de recrutement et la situation administrative du personnel.


Insistant sur la compréhension approfondie du Pacte Éducatif Africain, il a encouragé les participants à orienter leur action en cohérence avec les réformes nationales, dans la perspective d’une éducation inclusive et promotrice des valeurs humaines et chrétiennes.
Déclarant ouverte la session au nom de Monseigneur Gaston Ruvezi, il a formulé le vœu que ces assises débouchent sur des recommandations concrètes au service des élèves dont l’éducation est confiée conjointement à l’Église et à la Nation.

Bertin K

Agence catholique de presse DIA-CENCO

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