Lors de la messe d’ouverture de la 63ᵉ Assemblée plénière des évêques de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, célébrée ce lundi 23 février au Centre d’accueil Caritas, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, Archevêque Métropolitain de Lubumbashi et Président de la CENCO a livré une homélie dense et interpellant, plaçant le temps de Carême sous le signe de l’écoute et de la conversion authentique.

Dans un contexte ecclésial et social exigeant, son message a résonné comme une invitation pressante : écouter la Parole de Dieu pour la traduire en actes concrets de charité.
S’appuyant sur le livre du Deutéronome (6, 4-5), l’archevêque Président a rappelé le cœur de la foi biblique :
« Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »
Ce passage fondamental, connu comme le Schéma Israël, établit un principe essentiel : l’adhésion à Dieu commence par l’écoute. Écouter n’est pas simplement entendre ; c’est accueillir, intérioriser et se laisser transformer.

Mgr Muteba a souligné que cette recommandation demeure d’une brûlante actualité, particulièrement en ce temps de Carême. Le Saint-Père Pape Léon XIV, a-t-il rappelé, invite les fidèles à redécouvrir cette attitude fondamentale pour bien « monter vers Pâques ».
L’écoute ouvre à l’amour, et l’amour conduit à l’action. Jésus lui-même le martèle dans l’Évangile :
« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique. »Ainsi, la foi ne se limite pas à une profession verbale ; elle devient engagement existentiel.

Les lectures de ce lundi, centrées sur le jugement dernier, ont servi de point d’appui à une exhortation vigoureuse : la conversion véritable se manifeste dans des gestes concrets envers les pauvres et les vulnérables.
Avoir faim, avoir soif, être étranger, nu, malade ou en prison : c’est dans ces réalités que le Christ s’identifie aux plus petits. Le carême ne peut donc être réduit à des pratiques extérieures de jeûne ou à des exercices de piété isolés.
Le jeûne, la prière et la conversion trouvent leur cohérence dans l’attention aux nécessiteux. La foi s’authentifie dans la solidarité.
Mgr Muteba a insisté : les actes de charité que nous posons ne relèvent pas d’une simple philanthropie comparable à celle des ONG. Ils sont l’expression d’une foi vivante en Dieu unique et d’un amour effectif du prochain.
Ces gestes tracent le chemin du salut éternel et révèlent le sens profond de la religion inaugurée par Jésus-Christ dans son ministère public.

La vraie religion : intimité avec Dieu et option pour les pauvres
Dans un passage particulièrement fort de son homélie, l’archevêque a mis en garde contre une conception superficielle et spectaculaire de la religion.
La vraie religion, a-t-il souligné, n’est pas celle des « stars de Dieu » qui rivalisent de titres ronflants et de succès médiatiques pour attirer les foules. Elle ne se mesure ni à l’ampleur des rassemblements ni à l’éclat des projecteurs.
La vraie religion est celle de l’intimité avec Dieu. Elle est intériorité, silence, fidélité. Elle prend parti pour les pauvres, les veuves, les orphelins, les victimes des injustices et des violences.
Elle ne cherche pas la publicité tapageuse, mais emprunte le chemin discret de la sainteté.
À travers cette homélie d’ouverture, Mgr Fulgence Muteba Mugalu a offert une boussole spirituelle claire pour ce temps de grâce :
Écouter la Parole de Dieu avec un cœur disponible ;
Se convertir intérieurement ;
Poser des actes concrets de charité ;
Vivre une foi incarnée, loin des apparences ;
Marcher vers Pâques sur le chemin de l’amour effectif.
Le carême devient ainsi un itinéraire exigeant, mais lumineux : écouter pour aimer, aimer pour agir.
Car, au soir de notre vie, ce ne sont ni nos discours ni nos titres qui seront pesés, mais l’amour concret que nous aurons manifesté aux plus petits. C’est là que se joue la vérité de notre foi et la crédibilité de notre témoignage chrétien.
DIA-CENCO
