Dans le diocèse d’Uvira, la vie pastorale reprend progressivement dans la plaine de la Ruzizi. À la paroisse de Luvungi, les messes ont repris ce dimanche à la diaconie de Katogota, après dix mois d’interruption liés à l’insécurité.

Cette entité de Katogota avait été, pendant plusieurs mois, un véritable champ de bataille entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants Wazalendo. Les affrontements avaient provoqué le déplacement massif de la population. Une partie des habitants s’était réfugiée au Burundi voisin, tandis que d’autres avaient fui vers le sud du territoire d’Uvira, jusqu’en ville d’Uvira.
Durant toute cette période, l’agglomération de Katogota s’était presque totalement vidée de ses habitants. Les quelques rares personnes restées sur place ne pouvaient plus recevoir la visite d’un prêtre ni participer aux célébrations eucharistiques.
Après les violents affrontements survenus à la fin du mois de novembre et l’occupation du village de Katogota par les rebelles du M23, qui ont ensuite progressé vers le sud, les prêtres de la paroisse de Luvungi ont pu se rendre sur place ce quatrième dimanche de l’Avent pour y célébrer la messe. La célébration a été présidée par le père xaverien Mario Kampos, au milieu d’une vive émotion et d’une joie immense des chrétiens présents.
À Luvungi également, les messes ont été célébrées ce quatrième dimanche de l’Avent. Les deux dimanches précédents, il avait été difficile d’assurer les célébrations eucharistiques en raison de la situation sécuritaire jugée très précaire dans cette zone.
Par ailleurs, de l’autre côté de la rivière Ruzizi, qui sépare la République démocratique du Congo du Burundi, une messe a été célébrée au camp de réfugiés de Kishemere en langue kiswahili. Cette célébration était destinée aux réfugiés congolais ayant traversé massivement la frontière ces trois dernières semaines, fuyant les affres des combats opposant les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, aux FARDC, appuyées par les Wazalendo et l’armée burundaise.
Cette reprise des activités pastorales redonne espoir aux fidèles durement éprouvés par de longs mois de violences et de déplacements forcés.
Jérémie Kuhima
