Plus de 2000 enseignants des écoles conventionnées catholiques des doyennés de Goma 1, 2 et 3 ont célébré, ce 30 avril 2026, la Journée nationale de l’enseignement.

Cette journée a été ouverte par une messe eucharistique sous la présidence du Révérend Abbé Jean Paul Mihigo, Coordinateur des Écoles Conventionnées Catholiques (ECC), entouré de sept prêtres concélébrant, dans la paroisse Saint Joseph Cathédrale. Dans l’assemblée, des visages d’ancienneté de service étaient visibles, au regard rempli de conviction, mais aussi de fatigue. Avec respect, les enseignants ont été appelés « chevaliers de la craie », comme pour indiquer le succès qu’ils incarnent dans la société.
Dans son homélie, le Coordinateur a rappelé la grandeur du métier d’enseignant. Il est sans pareil dans la société et traverse des chemins contraires aux autres :
« Être enseignant, ce n’est pas seulement transmettre des connaissances. C’est former l’homme, bâtir la nation, préparer l’avenir. Vous êtes les artisans silencieux du Congo d’aujourd’hui et de demain. Et vous le méritez par votre sacrifice à la hauteur que personne ne peut prétendre vous payer », a-t-il déclaré sous les applaudissements. « Car le salaire d’un parent auprès de ses enfants n’a jamais été calculable », renchérit-il.

2025-2026 ouverte depuis le 1e Septembre, a été sujet portant l’attention de l’Assemblée ; cette année scolaire en cours, réjouit d’abord le Coordinateur de l’engagement du corps enseignant malgré les nombreuses difficultés à leur égard :
« L’année 2025-2026 évolue grâce à votre détermination incontournable. Malgré les défis que nous traversons et qui ne nous laissent pas libres de passer à l’excellence, vous êtes restés debout, déterminés, fidèles à votre mission. Cela mérite d’être salué ».

Mais derrière cette satisfaction, les inquiétudes restent bien présentes. Le Coordinateur a évoqué sans détour la situation sécuritaire préoccupante dans plusieurs territoires du Nord-Kivu :
« Comment parler d’éducation là où les armes dictent la loi ? À Rutshuru, à Masisi, à Walikale, des écoles sont occupées, d’autres détruites, et des enfants abandonnent les bancs de l’école et certains enseignants sont portés disparus. Cela nous fait mal. »
Au-delà de l’insécurité, d’autres défis fragilisent le système éducatif en diocèse de Goma. La crise socio-économique, notamment, pèse lourdement sur les familles et affecte la motivation des élèves :
« Aujourd’hui, beaucoup d’enfants n’étudient plus avec la même sérénité. Les conditions de vie influencent leur engagement à l’école », a-t-il regretté.
Malgré ce tableau contrasté, cette journée de l’enseignement a aussi été un moment de reconnaissance. Le Coordinateur, Révérend Abbé Mihigo, s’est rapproché d’une quinzaine d’enseignants ayant totalisé 50 ans de service ; il les a honorés par la remise de brevets de mérite. Il faut noter que ces lauréats du cinquantenaire au service de l’éducation ont manifesté leur fierté dès la réception de ces documents inoubliables.
J-Rostand VUSANGI M, Correspondant DIA CENCO depuis Goma
