Le 12 avril, le Grand Séminaire Saint Jean-Paul II de Buhimba, dans le diocèse de Goma, a servi de cadre à la commémoration de son Saint Patron. Dans une célébration de haute gravité, intériorité et sens ecclésial, 15 prêtres ont concélébré, parmi lesquels les Formateurs du Séminaire Théologal.

Présidant l’eucharistie, Son Excellence Monseigneur Willy Ngumbi Ngengele, évêque de Goma, a inscrit cette rencontre liturgique dans une dynamique d’action de grâce, évoquant les fruits visibles et invisibles que l’Église continue de porter à travers la formation sacerdotale. Dès l’entame, le prélat a posé le ton en reprenant la salutation du Ressuscité : « La paix soit avec vous », non comme une formule rituelle, mais comme une orientation spirituelle à habiter concrètement.
S’appuyant sur le passage de l’Évangile selon saint Jean relatant l’expérience de Thomas, l’évêque a déconstruit une foi conditionnée par la preuve immédiate. Il a mis en garde contre une approche expérimentale du croire, invitant plutôt à une adhésion intérieure, lucide et persévérante. Sans condamner le doute, il en a souligné les limites, rappelant que le Christ appelle moins à vérifier qu’à se laisser transformer.
Dans le prolongement de cette méditation, l’Ordinaire du lieu a insisté sur la disponibilité du croyant à accueillir une présence qui ne s’impose pas mais se propose. Le Christ ressuscité, a-t-il laissé entendre, ne force pas l’entrée : « rejoint, éclaire et pacifie ceux qui consentent à lui ouvrir l’espace de leur existence ». Une perspective qui rejoint certaines réflexions diffusées récemment parmi les fidèles, insistant sur la nécessité de sortir d’une foi enfermée pour entrer dans une relation vivante et féconde.
S’adressant directement aux séminaristes, souvent considérés comme la crème de la spiritualité du diocèse de Goma, Monseigneur Willy Ngumbi a formulé un appel sans détour :
« Vous n’êtes pas appelés à être des hommes du paraître spirituel, mais des témoins crédibles, façonnés dans le silence, la cohérence et l’offrande. Le diocèse attend de vous une foi solide, capable de tenir dans l’épreuve, et un cœur assez vaste pour porter les blessures du peuple. Ne cherchez pas à convaincre par les mots ou les apparences, mais par une vie ajustée à l’Évangile. »

Dans un autre registre, l’évêque n’a pas manqué d’adresser une parole de reconnaissance aux partenaires et à l’ensemble des fidèles du diocèse de Goma, dont l’engagement constant soutient la mission évangélisatrice :
« Votre fidélité discrète mais déterminante permet à l’Église de tenir debout. Chaque geste posé, chaque soutien offert, chaque prière élevée participe à l’édification d’une communauté vivante. Continuez à porter cette œuvre avec responsabilité, car l’évangélisation n’est pas l’affaire de quelques-uns, mais le devoir de tous. »
Au-delà du cadre commémoratif, cette célébration aura ainsi mis en lumière une exigence : celle d’une foi qui ne se contente ni de traditions héritées ni de discours répétés, mais qui s’inscrit dans une cohérence de vie. À Buhimba, le souvenir de Saint Jean-Paul II n’a pas été évoqué comme une simple mémoire, mais comme un repère appelant à une fidélité active, dans un contexte où la crédibilité du témoignage chrétien reste plus que jamais scrutée.
Il faut signaler que les séminaristes ont présenté une pièce de théâtre.
J-Rostand VUSANGI M, Correspondant DIA CENCO depuis Goma.
