(1ere lect.: Is.60, 1-6; Ps. 72 (71); 2eme lect.: Eph.3, 2-3a; Evang. Mt 2,1-12)
Les lectures de l’Epiphanie nous invitent à reconnaître que le salut est offert à tous. Demandons au Seigneur la grâce de reconnaître en Jésus la lumière universelle, et de nous laisser guider par l’étoile de la foi, pour l’adorer avec un cœur humble et disponible, et revenir sur le chemin de la vérité.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce la fin d’une période sombre marquée par la violence : « Debout, resplendis ! » « La lumière est venue et la gloire de Dieu s’est levée sur toi ! »
Nous sommes alors dans les années 525-520 av. J.-C., soit une quinzaine ou une vingtaine d’années après le retour de l’exil à Babylone. De retour dans leur pays, les déportés qui croyaient que le bonheur s’installerait, ont malheureusement vécu une période de guerre avec les rescapés de la déportation, qui les traitaient d’étrangers et de païens, prétendant qu’ils avaient adoré des idoles pendant leur exil. C’est dans ce contexte tendu que le prophète Isaïe fait cette annonce : « Le temps de la guerre et de la lamentation est révolu ; reconstruisons à présent le temple de Jérusalem. » Telle une invitation à ne pas désespérer ou à entrer en guerre envers nous-mêmes ou les autres pour ce qui n’a pas marché selon nos attentes l’an dernier, mais à nous en remettre à Celui qui est plus fort que nos problèmes, et à être, à l’image d’Isaïe, les artisans de la réconciliation au sein de nos communautés et de nos familles.
Dans la deuxième lecture, saint Paul nous fait part de son expérience : « le salut de Dieu n’est pas réservé à un peuple élu. » Nous sommes au premier siècle à une époque difficile où les Juifs se croyaient les seuls à connaître Dieu. Saint Paul brave la peur pour leur dire : « Attention ! Les païens sont aussi des apôtres et des témoins du salut. » les païens sont cohéritiers, membres du même corps et participants de la même promesse dans le Christ. Nous sommes donc appelés à reconnaître que Dieu dépasse nos frontières religieuses, raciales, culturelles et ethniques
Dans l’Évangile, nous voyons les trois mages venus de très loin avec des cadeaux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ils sont présentés comme des croyants à la recherche de Dieu, guidés par la lumière d’une étoile. Cette lumière disparaît lorsqu’elle rencontre Hérode, puis réapparaît pour s’arrêter à l’endroit où les mages reconnaissent, en un enfant avec sa mère et son père, le don de Dieu pour le monde. Dieu répand à travers cette étoile une lumière dont chacun a besoin pour éclairer sa vie intérieure. Cette « Étoile de nos cœurs », offerte à toutes les nations, reflète les parole d’Isaïe : « Debout, Jérusalem, resplendis ! » « Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » Mes bien-aimés, l’attitude des mages est attrayante : ils ne sont pas restés assis dans leur fauteuil, enfermés dans leur science, leur connaissance et leur position. Ils ont pris le risque d’entreprendre un voyage, en se dépouillant de tout ce qui n’était pas nécessaire. La foi est notre étoile, et nous devons accepter de prendre le risque de la suivre. Avoir la foi, c’est être attentif aux événements qui se présentent à nous pour discerner la présence de Dieu qui est souvent près de nous, mais que nous ne voyons pas. Ainsi, une fois que les mages ont rencontré l’enfant Jésus, ils retournèrent à leurs occupations. Ils sont désormais transformés et deviennent des témoins et des messagers de l’amour de Dieu pour les nations, jusqu’aux extrémités de la terre. Sommes-nous de ceux qui cherchent encore, qui acceptent de se mettre en route et qui osent croire ? Ou sommes-nous enfermés dans nos questions, nos doutes, nos certitudes intellectuelles ou idéologiques ? Demandons au Seigneur la grâce de nous laisser conduire par le Christ, cette étoile qui nous guide sur le chemin de la vérité, de la joie, de l’espérance, de la paix et de l’amour. Amen !
John Munganga, SJ
