décembre 29, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Eglise

Dimanche de la sainte Famille/ Année A

(1ere lect.: Sir.3, 2-6.12-14; Ps. 127 (128) ; 2eme lect.: Col.3, 12-21; Evang. Mt 2,13-15.19-23)

En ce dernier dimanche de l’année, nous fêtons la Sainte-Famille.  L’Évangile nous relate trois événements concernant notre Seigneur : l’annonce faite à Joseph, la visite des mages et la fuite en Égypte de la Sainte Famille. Demandons au Seigneur la grâce d’examiner en profondeur les événements qui se produisent dans nos familles, ainsi que notre apport en tant que croyants.

La première lecture met en avant la réconciliation avec Dieu, nos parents et nos prochains : « C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice » (Osée 6, 6). Déjà à l’époque de Ben Sira, l’autorité parentale n’était plus ce qu’elle avait été, en raison de l’évolution des mœurs. Ben Sira défend la religion juive en commençant par la famille, structure qui transmet la foi, les valeurs et les pratiques religieuses aux enfants. Telle est la plaidoirie de Ben Sira en ce jour : « Nos parents nous ont donné la vie ; ils sont donc des instruments de Dieu qui donne la vie : “De tout ton cœur honore ton père et n’oublie pas les douleurs de ta mère”. »  Comment leur rendras-tu ce qu’ils ont fait pour toi ? Vous voulez être sûrs d’honorer Dieu ? C’est très simple : honorez vos parents. « Celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés, et celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor. »

La deuxième lecture présente l’image trinitaire de la famille — Joseph, Marie et l’enfant Jésus — comme un seul corps qui affronte les épreuves humaines. Nous y voyons Joseph troublé par la grossesse miraculeuse de Marie, les conditions misérables de la naissance de l’enfant, l’exil forcé en Égypte et la perte de Jésus au temple. De prison, saint Paul écrit aux chrétiens de Colosse pour leur recommander la patience, le pardon et la fermeté, en mettant le Christ au centre du monde et de l’histoire : « Revêtez-vous de tendresse et de compassion…que dans vos cœurs règne la paix du Christ…vivez dans l’action de grâce…tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus. » Telle doit être notre attitude au regard de fatigue ou de crise. Cette métaphore du corps, en lien avec l’unité de la famille dans sa diversité, n’est qu’une invitation à la cohésion, à l’image du mur de pierre dont la solidité dépend de la cohésion de ses pierres.

Le texte de l’Évangile peut rapidement nous faire penser à Moïse, qui avait échappé aux tueries organisées par le roi Pharaon contre tous les garçons nouveau-nés ; aujourd’hui comme hier, Jésus échappe aux massacres organisés par Hérode. Telle une expérience douloureuse pour les parents contraints de fuir d’un village à l’autre, cependant, elle préfigure également le ministère de Jésus : parcourir les villages pour annoncer la Bonne Nouvelle. Mes bien-aimés, aujourd’hui encore, nos familles, à l’image de la Sainte Famille, sont secouées par de nombreux défis (A.L) : fragilisation du lien conjugal, pression socio-économique, individualisme, défis éducatifs et de transmission de la foi, vision réductrice de l’amour, infidélité, blessures affectives non guéries, etc. Notre mission, en tant que croyants, est d’accueillir, d’intégrer et de discerner les situations de chacun par l’accompagnement, afin d’aider les personnes et les familles en difficulté à découvrir la miséricorde de Dieu et la joie de vivre. Confions à Dieu toutes les familles de la terre, notamment celles qui traversent des épreuves douloureuses, afin qu’elles éprouvent la présence de notre Seigneur au cœur de leur vie.

Demandons au Seigneur la grâce de faire de nos familles des lieux ouverts, prêts à accueillir ceux qui sont blessés dans leur corps et dans leur âme et qui ont besoin de notre soutien et de notre amitié. Amen !

John Munganga, SJ