novembre 20, 2025
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DIEU SEUL EST MAÎTRE DE LA VIE : La CENCO rejette la peine de mort et plaide pour le respect sacré de la vie humaine

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il le créa » (Gn 1, 26-27)

Dans une déclaration officielle rendue publique ce lundi 6 octobre 2025, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), par la voix de Mgr Fulgence Muteba, Archevêque de Lubumbashi et Président de la CENCO, réagit à l’application de la peine de mort en République Démocratique du Congo. Elle rappelle avec gravité que Dieu seul est l’Auteur de la vie, et que Lui seul détient l’autorité légitime sur son commencement et sa fin (cf. Gn 1, 26-27).

Les Évêques rappellent que toute atteinte à la vie humaine viole le commandement divin :  « Tu ne tueras point » (Ex 20, 13).

Faisant suite à la note circulaire du 13 mars 2024 levant le moratoire sur la peine de mort, la CENCO rappelle qu’elle avait déjà, le 22 mars 2024, exhorté à la défense de la vie et à l’abolition définitive de cette mesure. Selon elle, « le moratoire n’était qu’une étape transitoire vers l’abolition complète de la peine capitale. Revenir à son application représente un échec moral et social pour une communauté digne de ce nom, car la peine de mort blesse la dignité de la personne humaine créée à l’image de Dieu (Gn 1, 26-27). »

La déclaration souligne que la Constitution congolaise consacre la sacralité de la vie comme droit fondamental inviolable (Articles 16 et 61). Exécuter une personne, c’est violer cette Constitution et nier la valeur transcendante de l’être humain. Fidèle à sa mission prophétique, « l’Église catholique, qui ne se confond pas avec la communauté politique, demeure le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine » (Gaudium et Spes, n°76 §2).

Face à la condamnation à mort prononcée par la Haute Cour Militaire de Kinshasa à l’issue du procès du Président honoraire Joseph Kabila, la CENCO exprime sa profonde inquiétude : « Cette décision, rendue dans un procès expéditif, risque de fragiliser la cohésion nationale et d’alimenter les divisions, alors que notre pays a plus que jamais besoin de réconciliation et de paix. »

Les Évêques exhortent à rechercher des solutions politiques et à renforcer la cohésion nationale : « Conscients que la peine de mort et sa logique de rétribution sont incompatibles avec l’Évangile du Christ, nous invitons tous les acteurs politiques, religieux et sociaux à un dialogue inclusif pour affronter les causes profondes des crises, reconstruire l’unité nationale et restaurer le bien-vivre ensemble. »

 « L’illusion qu’une paix juste peut être obtenue par la force des armes est suicidaire et irresponsable » — Pape François

Enfin, la CENCO réaffirme que la priorité nationale doit être la promotion d’une paix durable et la défense de la vie. Elle salue les efforts pour la réconciliation mais appelle à la sincérité des acteurs politiques et à la restauration de la confiance mutuelle.

Elle en appelle au Gouvernement, à l’Opposition, à la Société civile et à tout le Peuple congolais à « rejeter la culture de la mort et à s’unir dans la défense de la vie, don sacré de Dieu, pour préserver l’unité nationale et éviter le risque de balkanisation ».

La déclaration se conclut par une prière : que la Vierge Marie, Notre-Dame du Congo, intercède pour la nation, afin que le Seigneur accorde à la RDC la miséricorde divine, la justice véritable et la paix durable.

Bertin K

Agence D.I.A CENCO