novembre 20, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Eglise

Devoir de mémoire : Il était une fois, Mgr Christophe MUNZIRIHIRWA.

Martyr, Prophète de son temps et Sentinelle de la Vérité

Il était une fois, à Bukavu, un homme d’Église debout face à la tempête.

Un pasteur au cœur de feu, un patriote en soutane, un prophète en terre meurtrie.

Son nom : Mgr Christophe MUNZIRIHIRWA, Archevêque métropolitain de Bukavu, jésuite, témoin du Christ et de son peuple, assassiné le 29 octobre 1996, pour avoir eu le courage de dire la vérité là où d’autres se taisaient.

Comme une sentinelle sur les remparts, il veillait.

Il voyait venir le mal, il discernait les signes d’une guerre programmée.

Et il criait de jour comme de nuit en ces termes :

Ce qui se passe chez nous au Kivu n’est pas une guerre tribale mais bien une agression planifiée, une occupation voilée pour contrôler nos richesses. Il dénonçait, prophète solitaire, la désinformation internationale et les silences complices. Il parlait avec la voix du peuple, celle des sans-voix :

 » Nous protestons contre la guerre que le Rwanda et le Burundi, et leurs alliés, nous imposent. « 

Mais on ne l’a pas écouté.

Le lendemain, 29 octobre 1996, il fut abattu.

Son sang s’est mêlé à la terre du Kivu, devenue sanctuaire du martyre et du mensonge démasqué.

Et aujourd’hui ?

Vingt-neuf ans plus tard, la prophétie s’est accomplie.

L’Est du Congo vit sous une forme d’occupation déguisée :

Des groupes armés parrainés, des territoires administrés par procuration, des richesses pillées sous le couvert de “coopération régionale”.

Tout ce que Mgr Munzihirwa avait dénoncé se réalise sous nos yeux : la guerre qui ne dit pas son nom, les agressions répétées sous prétexte de sécurité, la complicité de certains fils du pays, la manipulation du récit congolais par des puissances étrangères.

Et nous, peuple du Congo, pouvons-nous encore feindre de ne pas voir ?

En serions-nous là aujourd’hui si on l’avait écouté ?

De sa tombe, le martyr semble nous redire :  » Communautés locales, levez-vous, devenez les premiers artisans de votre paix et bien-vivre-ensemble »

La paix véritable ne viendra pas d’ailleurs.

Elle doit naître dans le cœur et la volonté de ceux qui aiment ce pays.

Et il ajoute : « Malheur aux traîtres, à ceux qui se vendent à l’étranger pour diviser leur propre peuple et surtout à ceux qui utilisent les conflits intercommunautaires pour trahir la mère patrie. »

Le devoir de mémoire nous commande de ne pas trahir la parole du prophète.

Le devoir de lucidité nous oblige à reconnaître que l’occupation ne se fait plus seulement par les armes, mais aussi par la manipulation, la peur et la dépendance économique.

Mais la flamme de Mgr Munzihirwa n’est pas éteinte. Elle brûle dans chaque citoyen qui refuse la résignation. Elle éclaire chaque pas vers une paix congolaise authentique, née du dialogue entre communautés, tribus et familles.

Mgr Christophe Munzihirwa reste la sentinelle éternelle de la vérité, le prophète du Congo debout, le martyr du peuple congolais.

Son message résonne aujourd’hui comme une ultime interpellation :

« Fils et filles du Congo,  réveillez-vous,  le pays que j’ai défendu n’est pas mort.

Tant qu’il restera des justes pour dire non à l’injustice, la lumière vaincra l’obscurité. »

29 octobre 1996 – 29 octobre 2025

 Vingt-neuf ans après, le prophète parle encore.

Et si on l’avait écouté, en serions-nous là aujourd’hui ?

Bertin K.

Agence D.I/ A CENCO