La deuxième session des Journées scientifiques de Justice et Paix Congo (JPC) s’est tenue mercredi 17 septembre 2025 au Centre interdiocésain de la CENCO, en présence de Messeigneurs Félicien Mwanama, José Moko Ekanga, du Secrétaire exécutif Cyrille Ebotoko et du staff dirigeant de JPC. Les échanges ont porté sur quatre thématiques majeures : la participation des femmes et des jeunes, la gestion des migrants et déplacés, les politiques publiques, la solidarité nationale et internationale.
Monsieur Alassane Binta Diop, Gender Advisor à la MONUSCO, a rappelé que les femmes et les jeunes demeurent sous-représentés dans les sphères de décision. Il a plaidé pour un renforcement de leurs capacités et la reconnaissance de leur leadership afin de consolider une paix durable.
Abordant la question migratoire, le Directeur Pays d’Interpeace, M. Pacifique, a souligné les liens entre conflits, foncier et identités. Selon lui, la cohabitation entre populations hôtes et déplacées reste fragile et les réponses humanitaires demeurent largement insuffisantes. Il a appelé à une solidarité internationale accrue, évoquant notamment l’exemple récent d’un financement largement déficitaire face aux besoins urgents.
Pour sa part, M. Amédée Firikini, Directeur Pays de Life & Peace, a dénoncé la perte progressive de la valeur de la vie humaine en RDC, chaque nouvel accord étant suivi de nouvelles victimes. Il a insisté sur l’urgence de replacer la dignité humaine au cœur des politiques publiques et des stratégies de paix.
Le Professeur Tazi a mis en avant la nécessité d’une véritable politique nationale de prise en charge des déplacés, intégrant à la fois des dimensions sécuritaires et humanitaires, mais aussi diplomatiques et régionales. Il a estimé que la gestion des migrations ne pouvait plus rester une simple réaction humanitaire mais devait devenir un pilier de gouvernance et de stabilité.
Dans son interpellation, Monseigneur José MOKO Ekanga a dénoncé les pratiques de certains chefs coutumiers, accusés de vendre des terres aux étrangers au détriment des communautés locales. Ces actes, a-t-il averti, alimentent les conflits fonciers et, par ricochet, les violences armées.
En clôturant les travaux, Cyrille Ebotoko a annoncé la présentation prochaine d’un schéma critique pour la paix durable, qui sera enrichi par les contributions des participants avant son adoption.
Ces réflexions marquent une étape importante vers la définition d’une démocratie congolaise capable de bâtir la paix et le bien-vivre ensemble.
Bertin K
Agence D.I.A CENCO
