En marge de la deuxième assemblée plénière annuelle tenue la semaine dernière dans l’archidiocèse de Luanda, le président de la Conférence des évêques catholiques d’Angola et de Sao Tomé-et-Principe (CEAST), Mgr José Manuel Imbamba, a lancé un appel solennel à une transformation profonde du pays. Selon lui, seule une « transformation intérieure » peut garantir la justice et la paix dans un Angola engagé, selon ses mots, « à un moment crucial » de son histoire.
Mgr Imbamba a souligné que les réformes structurelles, bien que nécessaires, ne suffisent pas à elles seules pour opérer un changement véritable et durable. Il a insisté sur la nécessité d’une « conversion des cœurs et des esprits », condition sine qua non d’un renouveau authentique de la nation. Cette transformation dépasse le cadre politique et interpelle l’ensemble des citoyens, appelés à participer activement à ce vaste chantier.
L’évêque a également mis en lumière la responsabilité collective des Angolais dans ce processus de refondation. Il a exhorté chacun à adopter une nouvelle culture fondée sur l’éthique, la solidarité et la justice — des valeurs essentielles pour bâtir une société plus juste et harmonieuse. Face aux défis actuels, Mgr Imbamba n’a pas éludé les difficultés majeures qui traversent le pays.
Il a notamment déploré le déficit de confiance des populations envers les institutions, aggravé par une pauvreté qui dépasse les seuls aspects économiques pour toucher les dimensions sociales, politiques, civiques, culturelles et spirituelles. Cette réalité complexe contribue à plonger une grande partie de la jeunesse angolaise dans l’anxiété, la peur, l’incertitude et la frustration, conséquences directes du chômage et du manque d’opportunités.
Dans ce contexte, le président de la CEAST a également dénoncé le manque de dialogue entre les dirigeants et les citoyens, qu’il considère comme l’un des principaux obstacles à la construction d’un Angola prospère et équitable. Pour Mgr Imbamba, il est essentiel que le peuple tout entier s’engage dans cette dynamique de changement, en assumant sa part de responsabilité et en adoptant une posture de repentir.
Enfin, il a rappelé le rôle fondamental de l’Église catholique dans la promotion de la réconciliation, de la paix et de la justice sociale. Loin d’être une simple institution religieuse, l’Église se veut un véritable agent de transformation au service de la société angolaise.
Aimée M
Agence D.I.A CENCO
Source: ACIA
