Des biens matériels un moyen de promouvoir la fraternité

Aimée MUSENGA
4 Min Read

Lors de la prière de l’Angélus du dimanche 21 septembre 2025, le Pape Léon XIV a lancé un appel fort à la conscience personnelle et collective concernant l’usage des biens matériels. Devant plus de 15 000 fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre, le Saint-Père a invité chacun à considérer sa vie et ses ressources non comme une propriété privée, mais comme un don à gérer avec responsabilité, au service du bien commun.

Depuis les fenêtres des appartements pontificaux, l’Évêque de Rome a commenté l’Évangile du jour, tiré de saint Luc (16, 1-13), en mettant en lumière la parabole du gérant infidèle. Dans ce passage, un intendant est sommé par son maître de rendre compte de sa gestion. « Cette image nous dit quelque chose d’essentiel : nous ne sommes pas maîtres de notre vie ni des biens dont nous jouissons ; tout nous a été confié par le Seigneur », a souligné le Pape. Il a rappelé qu’un jour viendra où chacun devra répondre devant Dieu de l’usage qu’il aura fait de sa vie, de ses ressources et de la Terre.

Le récit évangélique a permis à Léon XIV de mettre en évidence la prise de conscience du gérant, qui comprend que l’accumulation de richesses matérielles ne garantit ni sécurité ni avenir. Confronté à la fin de ses privilèges, il choisit de réduire les dettes des débiteurs de son maître, renonçant à une part de ses bénéfices. Ce geste, qui peut sembler opportuniste, devient une manière de créer des liens, de sortir de l’isolement et de se préparer à un avenir incertain. « Il perd une richesse matérielle, mais gagne des amis qui seront prêts à l’aider et à le soutenir », a expliqué le Saint-Père.

Citant directement l’Évangile : « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles », le Pape a précisé que Jésus ne fait pas l’éloge de la fraude, mais appelle à une réorientation de la finalité des biens matériels. Même imparfaits, ces biens peuvent devenir des instruments de fraternité lorsqu’ils sont mis au service de l’autre.

« Tout en gérant les richesses malhonnêtes de ce monde, le gérant finit par se faire des amis, en sortant de la solitude de son égoïsme ». Ce constat, a-t-il ajouté, interpelle tous les croyants : à plus forte raison, les disciples du Christ, éclairés par l’Évangile, doivent considérer leur vie et leurs possessions comme des moyens de cultiver des relations humaines, de renforcer la solidarité et de bâtir une véritable amitié avec Dieu et leurs frères.

Enfin, le Pape Léon XIV a invité les fidèles à faire un choix fondamental : vivre selon une logique d’égoïsme et de possession, ou reconnaître que tout ce que l’on possède est un don destiné à être partagé. « Nous pouvons suivre le critère de l’égoïsme, en mettant la richesse au premier plan et en ne pensant qu’à nous-mêmes ; mais cela nous isole des autres et répand le poison d’une compétition qui génère souvent des conflits », a-t-il averti. En revanche, une gestion ouverte et solidaire des biens, fondée sur le partage, peut établir des liens d’amitié durables et contribuer à la création d’un monde plus juste, plus équitable et plus fraternel.

Aimée M

Agence D.I.A CENCO

TAGGED:
Share This Article