Dans son plan triennal, l’ACEAC met en avant les femmes, les jeunes et les médias

Aimée MUSENGA
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Au terme de la célébration eucharistique marquant la clôture de la 15ᵉ Assemblée plénière de l’Association des Conférences Épiscopales d’Afrique Centrale (ACEAC), tenue autour du thème « Construction de la paix et accompagnement psychologique des victimes d’abus », le Secrétaire général de l’ACEAC, l’abbé Jean-Pierre Badidike, s’est livré à la presse pour dévoiler les grandes orientations pastorales et stratégiques arrêtées par les évêques pour les trois prochaines années.

Selon l’abbé Badidike, les membres de l’ACEAC ont jugé prioritaire de renforcer et structurer des réseaux de partenaires et d’acteurs sociaux, en mettant un accent particulier sur les couches les plus vulnérables des populations, notamment celles vivant dans les zones dites périphériques. Dans l’esprit de la synodalité, les évêques souhaitent donner une place centrale aux femmes et aux jeunes, considérés comme des acteurs incontournables de la paix et de la cohésion sociale dans la sous-région des Grands Lacs.

Dans un contexte marqué par l’insécurité et les conflits armés, le Secrétaire général de l’ACEAC a souligné que les femmes paient souvent le plus lourd tribut aux violences. D’où la nécessité, selon lui, d’envisager la mise en place de réseaux régionaux de femmes, à la fois sociaux et professionnels. Ces réseaux pourraient rassembler des femmes commerçantes, des femmes parlementaires ainsi que des femmes consacrées, afin de réfléchir ensemble à leur contribution spécifique à la vie de l’Église et à la construction de la paix.

Les jeunes constituent un autre axe majeur du plan triennal de l’ACEAC. « Ils sont une force immense, un feu qui dort », a rappelé l’abbé Badidike, mettant en garde contre les risques liés à leur manque d’encadrement. Sans accompagnement adéquat, a-t-il averti, les jeunes peuvent basculer dans le banditisme, les pièges de la manipulation ou l’enrôlement dans des groupes armés, qu’ils soient réguliers ou irréguliers. L’ACEAC entend donc renforcer les mécanismes d’encadrement, de motivation et de formation des jeunes pour en faire des artisans de paix.

L’abbé Jean-Pierre Badidike a également adressé un clin d’œil appuyé aux professionnels des médias, reconnaissant leur rôle déterminant en tant que « quatrième pouvoir ». Consciente de l’impact de la communication sur les dynamiques sociales, l’ACEAC envisage de renforcer son réseau de communication et de nouer, dans les prochains mois, des contacts plus étroits avec les médias afin de mieux diffuser les messages porteurs de paix et de cohésion sociale.

Tout en reconnaissant la tendance des médias à privilégier le sensationnel, souvent au détriment des initiatives positives, le Secrétaire général de l’ACEAC a rappelé un proverbe africain selon lequel « la forêt qui pousse ne fait pas de bruit, mais l’arbre qui tombe s’entend de loin ». À travers son plan triennal, l’ACEAC souhaite donc bâtir un réseau de médias engagés, capables de valoriser, y compris dans les langues locales, les actions discrètes mais essentielles de construction de la paix, de cohabitation pacifique et de réconciliation menées au quotidien dans les communautés.

Par cette vision stratégique, l’ACEAC entend inscrire durablement son action pastorale dans une dynamique régionale intégrée, où femmes, jeunes et médias deviennent des piliers majeurs d’une paix enracinée dans les réalités locales et tournée vers l’avenir des peuples des Grands Lacs.

Agence DIA CENCO

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