Après Belém au Brésil avec la COP 30, la COP32 se tiendrait à Addis-Abeba en 2027, a rapporté le négociateur togolais Sena Alouka dans une interview accordée à Rfi.fr, s’appuyant sur une proposition approuvée à l’unanimité par le groupe Afrique, mardi 11 novembre à Belém où se tient la COP30.
Pour cet expert écologiste togolais, c’est « l’occasion de démontrer que les vraies solutions au changement climatique viendront d’Afrique et de ses peuples ».
Le groupe Afrique a unanimement soutenu la candidature de l’Éthiopie pour accueillir la 32ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP32), faisant de l’Afrique le cœur battant de la planète.
Pour Sena Alouka, l’Éthiopie, qui mène depuis 2019 un vaste programme de reforestation, veut faire de cette COP un symbole de leadership africain et de résilience face à la crise climatique.
Le Premier ministre Éthiopien Abiy Ahmed a soutenu que l’Afrique, le continent des origines, doit devenir le continent des solutions, souhaitant que ce soit une COP pour les peuples, mais pas pour les profits.
Sena Alouka a mis en garde contre la « capture du climat » par les intérêts privés, en précisant que le marché carbone est un marché de dupes. Il ne profite ni aux populations ni à la planète. L’Afrique, dit-il, doit imposer sa vision de la justice climatique au service des peuples.
Il appelle à faire de la COP32 un rendez-vous des peuples africains, centré sur la justice climatique, la souveraineté environnementale et les savoirs locaux.
Alors que le président Lula lance un Fonds mondial pour les forêts (TFFF), le négociateur togolais rappelle que la forêt du bassin du Congo, deuxième poumon vert du monde, doit être au cœur du financement climatique. Pour lui, les fonds doivent servir les communautés, ne pas enrichir les banques ou bloquer les initiatives locales.
Addis-Abeba 2027 devrait donc être le rendez-vous du courage climatique africain. Après Marrakech, Nairobi, Durban et Charm el-Cheikh, Addis-Abeba portera la voix du continent pour transformer la justice climatique en réalité tangible et non une foire aux promesses.
Agence DIA CENCO
Tiré de RFI.fr
