Du 6 au 8 octobre 2025, s’est tenue à Nairobi une conférence internationale sur le thème : « Bible, femmes et enjeux sociaux en Afrique ». L’événement, organisé par la Catholic University of Eastern Africa (CUEA), en collaboration avec le Centre biblique catholique pour l’Afrique et Madagascar (CEBAM/Nairobi) et l’Institut de Missiologie d’Aix-la-Chapelle (Allemagne), a réuni plusieurs professeurs et théologiens autour de réflexions bibliques et sociales.
Parmi les interventions marquantes, celle du Dr Constantine Katitu Kamba, théologien congolais, a porté sur « Le paradigme de l’herméneutique matthéenne dans le contexte africain ». Il a souligné que, malgré les nombreuses initiatives en faveur des droits des femmes, celles-ci continuent de subir diverses formes de discrimination en Afrique.
Dr Kamba a mis en garde contre les lectures androcentriques de l’Évangile de Matthieu, historiquement conditionnées, qui sont parfois utilisées pour justifier la marginalisation des femmes. Il a affirmé : « L’histoire de Jésus présentée par Matthieu est une histoire inclusive, dans laquelle la communauté se voit à la fois réfléchie et impliquée. Les douze disciples y sont représentés comme des modèles de foi pour tous les temps. »
Il a insisté sur le fait que cette perspective ne saurait servir de fondement théologique ou culturel à l’exclusion des femmes dans l’Église et dans la société africaine. « Les femmes jouent un rôle vital dans l’éducation et la formation de la vie ecclésiale et communautaire. »
Le théologien s’est dit préoccupé par le faible accès des femmes à des postes de responsabilité, malgré leurs qualifications et leur engagement actif dans l’évangélisation et la catéchèse. « Dans le contexte de l’Église africaine, les femmes assument la responsabilité de l’éducation religieuse des enfants au sein des familles. Elles ne sont pas des disciples de seconde classe. Il faut leur accorder la reconnaissance, la dignité et l’égalité de traitement qui leur reviennent légitimement. Ce sont des témoins et des messagers de Jésus. »
Il a également souligné que leur contribution ne devrait pas se limiter à des rôles traditionnels, mais qu’elles doivent être pleinement intégrées dans les postes de direction et les processus décisionnels, tant dans l’Église que dans la société.
En conclusion, Dr Kamba a lancé un appel aux Églises africaines : que cet engagement en faveur des femmes ne demeure pas une simple intention, mais qu’il se traduise par des actions concrètes visant à promouvoir le leadership féminin dans les diverses responsabilités ecclésiales.
Aimée M
Agence D.I.A CENCO
Source: ACiaf
