Cène du Seigneur : Mgr Fulgence Muteba appelle à une conversion profonde à l’école de l’Eucharistie et du service

Aimée MUSENGA
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À l’occasion de la célébration de la Cène du Seigneur, Mgr Fulgence Muteba a invité les fidèles à entrer dans une méditation profonde autour de deux actes majeurs et fondateurs qui structurent ce mystère : l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds, dans un contexte riche de sens hérité de la Pâque juive.

D’emblée, le prélat de Lubumbashi a recentré l’attention sur l’Eucharistie, cœur battant de la vie chrétienne. Selon lui, Jésus a institué ce sacrement pour redresser le cœur de l’homme, corriger ses dérives et lui révéler le sens véritable du don :

Un Corps livré…

un Sang versé…

pour la vie du monde.

S’appuyant sur l’enseignement de saint Paul, Mgr Muteba a rappelé que l’Eucharistie est à la fois révélation du Christ lui-même et mémorial vivant de sa mort et de sa résurrection. Un mémorial qui n’est pas un simple souvenir, mais une présence réelle, agissante et transformante.

Ainsi, a-t-il insisté, dans chaque Eucharistie :

le sacrifice du Christ est rendu présent,

la résurrection est proclamée,

et le Christ se rend accessible à tous ceux qui communient. « L’Eucharistie fait l’Église, et l’Église fait l’Eucharistie », a-t-il martelé, soulignant combien ce sacrement est source, centre et sommet de la vie chrétienne, racine de toute foi authentique.

Dans un langage fort et pastoral, Mgr Muteba a décrit l’Eucharistie comme :

Une puissance incommensurable,

une nourriture pour la foi,

une force pour le témoignage,

une source de guérison intérieure,

et le soutien indispensable de l’espérance chrétienne.

En elle, a-t-il conclu, se trouve le trésor de l’Église, véritable « sacrement des sacrements ».

Mais ce don immense appelle une réponse exigeante.

Le prélat a lancé un appel pressant à la préparation intérieure avant la communion, mettant en garde contre toute banalisation du sacrement :

Nul ne doit s’avancer sans s’être préparé, au risque de « manger sa propre condamnation », selon l’avertissement de saint Paul.

Il a ainsi exhorté les fidèles à recourir au sacrement de la réconciliation, afin de communier dignement, dans un cœur purifié et disposé.

Abordant ensuite le lavement des pieds, Mgr Muteba a mis en lumière la nouveauté radicale introduite par le Christ par rapport à la Pâque juive.

Reprenant les gestes de Jésus dans l’Évangile selon saint Jean, il a fait revivre la scène :

Jésus se lève de table,

dépose son manteau,

prend un linge,

verse de l’eau dans un bassin,

et se met à laver les pieds de ses disciples avec une tendresse désarmante.

Dans ce geste bouleversant, le Christ renverse toutes les logiques humaines.

Il enseigne :

l’humilité véritable,

le service mutuel,

et l’amour fraternel, fondement de toute vie chrétienne.

« Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13,14) :

un appel clair à passer d’une foi déclarée à une foi vécue.

Enfin, dans une atmosphère empreinte de recueillement, Mgr Fulgence Muteba a invité les fidèles à adorer et contempler en silence le Christ qui se donne, appelant chacun à quitter le bruit du monde pour entrer dans la profondeur du mystère.

Père Alphonse Abedi,  ssp

Correspondant DIA

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