À la suite des travaux du comité permanent des évêques tenus du 15 au 17 juin 2026 au Centre d’accueil Caritas de la Gombe, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a ouvert, ce 18 juin 2026, une assemblée plénière extraordinaire qui se tiendra jusqu’au 20 juin.
Prenant la parole après la messe d’ouverture, Mgr Donatien Nshole, Chapelain du Saint-Père et Secrétaire général de la CENCO, a clairement circonscrit le contexte et les contours de ces assises exceptionnelles.
« Cette plénière a été convoquée en raison de la tension croissante observée dans le pays, une tension née de la campagne lancée par la majorité au pouvoir en faveur du changement de la Constitution « .
Le prélat a rappelé que, depuis plus d’une année déjà, alors que les rumeurs autour de cette révision constitutionnelle prenaient de l’ampleur, les évêques avaient exprimé le souhait d’organiser une session d’information approfondie afin de se positionner de manière éclairée.
Cependant, face à une situation qui, selon ses propos, « est allée de mal en pis », les évêques ont estimé qu’il était temps de se réunir pour réfléchir à leur contribution en vue de renforcer la cohésion nationale et de participer activement à l’édification de la paix.
Dans un souci de neutralité et de rigueur intellectuelle, l’assemblée plénière s’articulera autour de trois temps majeurs, animés par des spécialistes apolitiques.
Ainsi, le professeur Kodjo de l’UCC interviendra pour présenter aux évêques les fondements essentiels des constitutions, notamment les « a-b-c » de ces textes fondamentaux. De son côté, le Professeur et Historien Didier Mumengi apportera un éclairage historique en retraçant l’évolution des constitutions en République démocratique du Congo, expliquant comment elles naissent et disparaissent.
Enfin, le professeur Mampuya analysera les options fondamentales contenues dans la Constitution actuellement en vigueur, offrant ainsi une compréhension approfondie des principes qui structurent l’ordre institutionnel du pays.
Toujours dans cette logique d’objectivité, les évêques ont également invité des représentants des deux grandes tendances du débat national.
D’un côté, le Professeur Jean Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, exposera les arguments en faveur du changement de la Constitution. De l’autre, Delly Sessanga, député membre de la coalition C64, présentera les raisons qui fondent l’opposition de son camp à cette initiative.
Ces échanges permettront aux évêques de disposer d’une vision globale, nourrie à la fois par des analyses scientifiques et des positions politiques contradictoires.
À l’issue de ces différentes interventions, les évêques entendent mener une réflexion approfondie afin de dégager une option pastorale qu’ils jugent nécessaire pour le bien du pays.
Mgr Donatien Nshole a insisté sur la qualité du discernement au sein de l’Église catholique, rappelant que l’accession aux fonctions sacerdotales et épiscopales repose sur une formation rigoureuse et exigeante.
À ce propos, il a évoqué la mémoire du Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, ancien Archevêque de Kisangani et Président de la Conférence Épiscopale nationale du Zaïre, dont l’expertise en tant que bibliste avait permis de diriger avec maîtrise et satisfaction la Conférence nationale souveraine, réunissant les élites et expertises du pays.
À travers cette plénière extraordinaire, la CENCO réaffirme son rôle d’acteur moral et social majeur en République démocratique du Congo. Face aux incertitudes politiques et aux tensions grandissantes, l’Église catholique entend apporter une contribution constructive, fondée sur l’écoute, l’analyse et le discernement.
Ces assises de Kinshasa pourraient ainsi marquer un tournant important dans la recherche de solutions durables pour préserver l’unité nationale et consolider la paix en RDC.
DIA-CENCO
