Au Cameroun, les chefs religieux des régions anglophones, sous la conduite de Andrew Nkea, Archevêque de Bamenda et Président de la Conférence Épiscopale camerounaise, multiplient les initiatives de médiation pour mettre fin à la crise, en écho à l’appel du Léon XIV condamnant toute instrumentalisation de la religion à des fins politiques, économiques ou militaires.
Face à un conflit qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016, les leaders religieux ont mis en place un cadre de dialogue réunissant chrétiens et musulmans. Sous l’impulsion de l’archevêque de Bamenda, Andrew Nkea, ce mouvement vise à rapprocher les positions entre le gouvernement et les groupes séparatistes.
Le modérateur de l’Église presbytérienne, Fonki Samuel Forba, a indiqué que plusieurs rencontres ont été organisées avec des responsables séparatistes, au Cameroun et à l’étranger, afin de promouvoir le dialogue et convaincre les combattants que « la paix vaut mieux que la guerre ».
Le conflit a entraîné de graves répercussions sur les populations civiles : écoles fermées pendant plusieurs années, déplacements massifs, enlèvements et destructions. L’Église catholique fait état de nombreux cas de prêtres et religieux enlevés ou tués.
Mgr Andrew Nkea évoque des milliers de victimes, ainsi qu’une génération d’enfants privée d’éducation, dans un contexte marqué par la multiplication des veuves, orphelins et déplacés.
Malgré les tensions, la crise n’a pas dégénéré en conflit religieux. L’imam Mohamad Abubakar a salué cette cohabitation, soulignant que musulmans et chrétiens ont partagé les mêmes souffrances.
Le chef traditionnel Fru Asaah Angwafor IV a, de son côté, rappelé le rôle historique de l’Église dans le développement social et éducatif.
Lors de son voyage dans cette partie du continent, le Léon XIV a salué l’engagement des chefs religieux camerounais, tout en mettant en garde contre l’instrumentalisation de la religion : « Malheur à ceux qui détournent le nom de Dieu à leurs propres fins militaires, économiques et politiques ».
Le Souverain Pontife a également dénoncé les logiques économiques alimentant les conflits, notamment l’exploitation des ressources et les investissements dans l’armement, sources d’une « spirale de déstabilisation et de mort ».
Dans un contexte de crise prolongée, les chefs spirituels camerounais poursuivent leurs efforts pour instaurer un dialogue inclusif. Leur démarche, soutenue par le message du Léon XIV, met en avant la nécessité d’une solution pacifique fondée sur la fraternité et la solidarité.
DIA-CENCO
Source : Agence Fides
