Une foule nombreuse s’est rassemblée ce lundi 29 septembre 2025 devant le buste de Mgr Emmanuel Kataliko, premier évêque noir de Butembo-Beni et archevêque métropolitain de Bukavu, pour un hommage solennel à l’occasion du Jubilé d’argent de sa « naissance au ciel ».
Cette deuxième journée de la semaine Kataliko, lancée la veille par l’Ordinaire du lieu, a connu la participation des autorités locales, d’élèves, de fonctionnaires, de commerçants, de paysans ainsi que de chrétiens de toutes confessions et même de non-croyants. Prières, hymnes et témoignages ont marqué la cérémonie.
Le Chancelier de l’évêché, l’Abbé Matsungu Mumbere Ignace, a rappelé la notoriété du prélat disparu : « Il disait aux gens : il ne faut pas permettre à l’ennemi de vous avaler. Et même s’il vous avalait, il ne faut pas qu’il vous digère ». La mairie, représentée par Gilbert Bwambale, a reconnu en lui un artisan de paix et promoteur du développement.
Un pasteur au service de la vérité et de la justice
Né en 1932 à Lukole, ordonné prêtre en 1958 à Rome, Mgr Kataliko est nommé évêque de Butembo-Beni en 1966, fonction qu’il exerce durant 31 ans avant de devenir archevêque de Bukavu en 1997.
Son ministère coïncide avec la guerre de 1998, marquée par les massacres, pillages et exactions des armées d’occupation. Face à cette situation, il élève une voix courageuse : « En toute circonstance, je dois rappeler le respect de toute vie, de la vérité et de la dignité humaine ». Sa dénonciation des injustices entraîne son exil forcé à Butembo en 2000.
Retour triomphal et mort brutale
Le 14 septembre 2000, grâce à une mobilisation populaire inédite – plus de 65 000 signatures pour son retour – il regagne Bukavu dans un climat de ferveur. Trois jours plus tard, il participe à une ordination sacerdotale, puis s’envole pour Rome où il appelle ses pairs à adresser à l’Afrique un message de paix et de réconciliation.
Mais dans la nuit du 3 au 4 octobre 2000, il meurt à 68 ans, officiellement d’un infarctus, certains évoquant un empoisonnement. Son décès reste une blessure vive pour l’Église et la société congolaise.
Un héritage vivant
Constructeur de l’Université Catholique du Graben, promoteur des routes de desserte agricole et défenseur infatigable des faibles, Mgr Kataliko demeure une référence.
Vingt-cinq ans après sa disparition, son message continue d’inspirer : « Répondre à la violence par la violence n’est jamais la vraie solution ».
Bertin K
Agence D.I.A CENCO
Source: Radiomoto.net
