La Société des Missionnaires d’Afrique, en collaboration avec plusieurs partenaires environnementaux, a organisé ce samedi une conférence de sensibilisation à la protection du lac Kivu, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée sous le thème : « Protégeons notre lac ».

L’activité s’est tenue dans la salle Père Georges Defour, au philosophat des Missionnaires d’Afrique situé à Ruzizi, dans la commune d’Ibanda. Elle a réuni des acteurs de la société civile, des environnementalistes ainsi que des opérateurs du transport lacustre.
Intervenant au cours de la conférence, Madame Francine, représentante du Groupe solidaire pour le développement, a mis en avant l’importance de la valorisation des déchets plastiques. Elle a notamment présenté l’initiative de transformation de ces déchets en pavés écologiques, une solution qui contribue à la fois à l’assainissement du milieu et à la création d’opportunités économiques.

Elle a expliqué que ce processus repose sur la collecte de différentes catégories de déchets, notamment les déchets légers, moyens et lourds.
Plaidant pour une meilleure gestion des déchets, elle a insisté sur la nécessité du tri à la source, grâce à l’installation de poubelles adaptées dans les milieux de vie, afin de distinguer les déchets biodégradables, semi-dégradables et non dégradables.
« Les déchets ne doivent plus être jetés dans la nature, mais conservés comme matière première pour leur transformation », a-t-elle exhorté.

De son côté, le Père Bernard Ugeux, membre des Missionnaires d’Afrique, a développé le thème : « Communauté chrétienne et écologie ». Il a dressé un constat alarmant de la dégradation de l’environnement, en mettant un accent particulier sur la pollution du lac Kivu.
Parmi les causes évoquées figurent les déchets plastiques charriés par les rues et les rivières, les rejets domestiques et industriels non traités ainsi que certaines mauvaises pratiques agricoles.
Selon lui, cette situation entraîne une réduction de la biodiversité et expose les populations à des risques sanitaires accrus.
S’appuyant sur l’encyclique Laudato si’ du pape François, l’orateur a rappelé que la Terre constitue « notre maison commune », appelant ainsi à une écologie intégrale.« Détruire la nature, c’est se détruire soi-même », a-t-il martelé.
Il a par ailleurs dénoncé plusieurs pratiques nuisibles à l’environnement, notamment la dégradation des quartiers, l’obstruction des caniveaux, les constructions anarchiques, la disparition des bonnes pratiques traditionnelles, ainsi que l’indifférence sociale.

Face à ces défis, les intervenants ont lancé un appel à un changement de mentalités et de comportements. Ils ont encouragé les communautés à adopter des gestes simples mais concrets, tels que le nettoyage des milieux de vie, la protection de la nature, la plantation d’arbres et la sensibilisation dès le bas âge.
Ils ont également insisté sur la nécessité d’agir en tenant compte des générations futures, soulignant que la protection de l’environnement est une question de bien commun, liée à l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation et à un cadre de vie sain.
La journée s’est clôturée par une descente sur le lac nicu au niveau des embarcations, au cours de laquelle des kits de poubelles ont été distribués aux armateurs. Cette initiative vise à renforcer leur implication dans la gestion des déchets, alors que certains bateaux ne disposent pas de dispositifs adéquats, favorisant ainsi le rejet de bouteilles et autres détritus dans le lac.
À travers cette activité, les organisateurs ont rappelé que la protection de la création constitue à la fois un devoir citoyen et un acte de foi.
Ils espèrent ainsi susciter une prise de conscience accrue et un engagement durable des populations locales en faveur de la préservation du lac Kivu, ressource vitale pour la région.
Benjamin MUKANIRE
