BUKAVU : Les conflits dans la Région des Grands Lacs au cœur d’une conférence au Philosophât Bienheureux Isidore Bakanja

Aimée MUSENGA
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Le Philosophât Bienheureux Isidore Bakanja de Ruzizi, situé dans l’Archidiocèse de Bukavu, a organisé ce mercredi 28 janvier 2026 une matinée scientifique consacrée à la thématique : « Problématique des conflits et guerres dans la région des Grands Lacs ».

 La rencontre, tenue au Scolasticat des Missionnaires d’Afrique, a réuni les agents, professeurs et étudiants issus de plusieurs congrégations missionnaires, notamment les Barnabites, les Missionnaires Xavériens, les Missionnaires d’Afrique et les Pères Pallottins.

Cette journée de réflexion scientifique a été animée par deux experts, chacun apportant un éclairage particulier sur les causes et dynamiques des conflits persistants dans la région.

Les sources des conflits décortiquées par le Professeur Paul Robin Namegabe

Premier intervenant, le Professeur Paul Robin NAMEGABE, spécialiste en droit constitutionnel et en sciences politiques à l’Université Catholique de Bukavu (UCB), a centré son exposé sur « les sources et conséquences des conflits dans la région des Grands Lacs ».

Il a identifié plusieurs facteurs clés, parmi lesquels : l’ethnicité instrumentalisée, la mauvaise gestion financière, la faiblesse ou la faillite de l’État, et l’économie politique de la guerre.

Pour y remédier, le professeur Namegabe a recommandé une approche holistique et économique, soutenue par une intégration régionale équilibrée, au sein de laquelle les États évitent les dépendances excessives et les asymétries qui fragilisent leur souveraineté.

Le Professeur Kamulete Guillaume analyse la persistance des conflits au Nord et Sud-Kivu

Second intervenant, le Professeur Kamulete Guillaume, docteur en socio-économie, a axé son intervention sur la persistance des conflits dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Il a mis en évidence : la rationalité des acteurs armés, les enjeux financiers et économiques, les logiques de vengeance, ainsi que l’ingérence de certains États dans la gestion politique du pays.

Pour une sortie durable de crise, il a suggéré plusieurs pistes, notamment : la socialisation politique, le renforcement des capacités des ONG, partis politiques et organisations de la société civile, et surtout la restauration de l’autorité de l’État, condition essentielle à la stabilité.

Le recteur du Philosophât salue une réflexion nécessaire

En clôturant cette matinée scientifique, le recteur du Philosophât, le Père Barthélemy Minani, a souligné l’importance de cette rencontre qui, selon lui, a permis d’ouvrir un espace d’échanges et de vulgarisation scientifique.

Il a affirmé que la compréhension profonde des causes des conflits dans la région aidera les futurs leaders religieux et intellectuels à promouvoir la cohésion sociale et à poser des actions scientifiques et morales susceptibles de prévenir la destruction.

Une initiative pour renforcer la paix et la conscience citoyenne

Cette conférence s’inscrit dans la volonté du Philosophât Bienheureux Isidore Bakanja de contribuer à la réflexion régionale sur la paix, la gouvernance et la cohabitation pacifique dans un espace longtemps marqué par les violences armées. Les participants sont repartis enrichis de nouvelles connaissances leur permettant de mieux comprendre les dynamiques de la crise et d’envisager des solutions durables.

Benjamin MUKANIRE correspondant DIACENCO dans l’Archidiocèse de Bukavu

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