Au cœur de l’homélie de Mgr Libère Pwongo : « Seigneur, montre-moi ton chemin de paix et de liberté ».

Aimée MUSENGA
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Mgr Libère Pwongo, Évêque de Basankusu et officiant du jour, lors de la messe du quatrième jour des travaux du Comité Permanent des évêques de la CENCO, au Centre Caritas à Kinshasa, a lancé un appel clair, direct, sans détour : se lever sans hésitation et suivre Jésus-Christ.

Au cœur de son message se trouve une invitation pressante : réapprendre à vivre en homme et en femme de la foi. Non pas une foi abstraite ou culturelle, mais une foi vivante, capable d’impacter positivement notre relation avec Dieu et avec notre prochain.

 Une foi qui engage, qui transforme, qui dérange parfois. Car, comme il l’a souligné avec insistance, nous savons ce que cela coûte de s’engager sur ce chemin de foi vraiment engagée.

Pour Mgr Libère, une vie vécue dans la foi est un chemin de bonheur. Le temps du Carême, dit-il, nous est donné précisément pour approfondir cette réalité. Il ne s’agit pas d’une parenthèse spirituelle, mais d’un temps favorable pour consentir à un déplacement intérieur.

Que cette prière, «  Montre-moi ton chemin que je marche dans la vérité » devienne la nôtre, insistante et persévérante.

Pour l’officiant du jour,  réapprendre à vivre en homme et en femme de foi suppose un apprentissage. Or, il n’y a apprentissage que là où il y a refus de faire du sur-place, là où il y a engagement à se mettre en route. Le Carême nous invite à cela : consentir à ce déplacement nécessaire, accepter de quitter nos positions, pour avancer vers Dieu.

Mgr Libère est longuement revenu sur l’exemple saisissant tiré de l’Évangile selon Luc (5, 27-32). « Suis-moi » : l’appel qui met debout.

« Après cela, Jésus sortit, et il vit un publicain, nommé Lévi, assis au lieu des péages. Il lui dit : Suis-moi. Et, laissant tout, il se leva, et le suivit. »

Tout est là : un regard, un appel, une réponse.

Lévi, assis au lieu des péages, symbolise une vie installée, peut-être enfermée dans ses habitudes et ses compromis. Jésus passe, voit, appelle. Et la réponse est immédiate : « laissant tout, il se leva, et le suivit ».

Se lever. Voilà le verbe central.

Se lever pour quitter l’immobilisme.

Se lever pour abandonner ce qui entrave.

Se lever pour découvrir des horizons nouveaux.

« Suis-moi, mets-toi debout et en route », a martelé Mgr Libère. Il en va ainsi pour quiconque écoute la Parole de Dieu.

Pour lui,  l’appel n’est pas théorique. Il est personnel. Il est pressant. Il engage toute l’existence.

Il s’agit d’abandonner sans hésitation

« Abandonnons tout et suivons Jésus-Christ sans la moindre hésitation. »

Cette exhortation n’est pas une formule pieuse. Elle s’enracine dans la radicalité de la réponse de Lévi. Il ne négocie pas, il ne temporise pas, il ne demande pas un délai. Il se lève.

Nous savons pourtant ce que cela coûte. S’engager sur le chemin d’une foi véritablement vécue peut signifier renoncer à certaines habitudes, à certaines logiques humaines. Mais c’est précisément ce passage qui ouvre à la paix et à la liberté véritable.

Car la liberté évangélique n’est pas l’absence de contraintes ; elle est l’adhésion confiante à l’appel du Christ.

Jésus, médecin des malades

Le récit se poursuit par le festin donné par Lévi. Beaucoup de publicains et d’autres personnes sont à table avec Jésus. Les pharisiens et les scribes murmurent : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? »

La réponse de Jésus est décisive : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs. »

Jésus est venu pour guérir les malades, les pécheurs, et non les bien-portants. L’appel à se lever ne s’adresse pas à une élite spirituelle, mais à chacun. Il rejoint l’homme dans sa fragilité, dans ses blessures, dans ses incohérences.

Se lever, ce n’est pas prétendre être déjà parfait.

Se lever, c’est accepter d’être rejoint, soigné, transformé.

Vivre la vraie paix, vivre la vraie liberté

Dans le titre même de son homélie, Mgr Libère a voulu souligner cet appel à nous lever pour vivre la vraie paix et la vraie liberté. Paix qui ne dépend pas des circonstances extérieures, mais de l’alignement intérieur avec la volonté de Dieu. Liberté qui ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à marcher dans la vérité.

Le Carême devient alors un temps de grâce :

– pour quitter le sur-place,

– pour consentir au déplacement,

– pour réapprendre à vivre en homme et en femme de foi.

Une prière insistante

En conclusion, Mgr Libère a imploré l’intercession de la Vierge Marie et la grâce de Dieu, afin qu’Il nous donne de nous mettre debout. Qu’Il nous montre son chemin, qui est un chemin de paix et de liberté.

Que cette supplication, «  fais de nous des hommes et des femmes de foi, en marche vers la vraie paix et la vraie liberté »,  devienne notre prière quotidienne et insistante, a exhorté, Mgr Libère Pwongo.

Bertin K

DIA-CENCO

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