Archidiocèse de Bukavu : ouverture du jubilé d’or de la convention Église–État sur les écoles catholiques

Aimée MUSENGA
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 L’Archidiocèse de Bukavu a officiellement lancé, jeudi 26 février 2026, le jubilé d’or de la convention signée entre l’Église catholique et l’État congolais pour la gestion des écoles conventionnées catholiques. Une messe d’action de grâce a été célébrée à la cathédrale Notre-Dame de la Paix, en présence de plusieurs acteurs du secteur éducatif.

La célébration eucharistique a été présidée par l’abbé chancelier Amali Bukunguta Delphin, délégué de l’archevêque métropolitain, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo. Elle marque les cinquante ans de la signature, le 26 février 1977, de l’accord encadrant la collaboration entre l’Église et l’État dans le domaine de l’enseignement, sous le régime de Mobutu Sese Seko.

Appel à une éducation libératrice

Dans son homélie, l’abbé Bukunguta a exhorté les partenaires éducatifs – prêtres, religieux, religieuses, préfets des écoles, sous-coordinateurs et conseillers résidants – à s’engager activement dans la mission de formation intégrale des élèves.

« Évitons la corruption morale en ayant une vocation active et visible qui vise la gloire de Dieu et le salut de son peuple », a-t-il déclaré, invitant les responsables scolaires à promouvoir une gestion fondée sur l’éthique, le sens du service et le détachement des biens matériels.

Le célébrant a présenté le jubilé comme un temps de grâce et de conversion, appelant les acteurs du système éducatif catholique à devenir « de véritables artisans de libération » à travers une éducation fondée sur la liberté responsable et la dignité humaine.

Un cadre juridique structurant

La convention Église–État organise la gestion des écoles catholiques en République démocratique du Congo. Elle prévoit notamment que l’État assure la rémunération des enseignants et veille à l’application des programmes nationaux, tandis que l’Église garantit l’orientation pastorale et le respect du caractère propre des établissements.

Prenant la parole au cours des activités commémoratives, l’abbé Mukata Bayongwa Patrice, coordinateur des écoles conventionnées catholiques, a qualifié la convention de « document important » pour la stabilité du système éducatif. Il a plaidé pour sa protection et son application rigoureuse, soulignant la nécessité d’accompagner les partenaires éducatifs pour garantir le bon fonctionnement des écoles.

Selon lui, malgré les défis politiques, financiers et éthiques, l’Église catholique a consenti d’importants efforts pour maintenir la qualité de l’enseignement et assurer la formation morale et spirituelle des apprenants.

Une année jubilaire tournée vers l’évaluation

La journée s’est poursuivie par une conférence animée dans la salle Concordia de l’archevêché, consacrée à l’évaluation des acquis de la convention et à l’identification des défis persistants dans le secteur éducatif catholique.

Pour l’Archidiocèse de Bukavu, ce jubilé d’or se veut un temps d’action de grâce, mais aussi de relance pastorale et institutionnelle. Des conférences, rencontres pédagogiques et célébrations paroissiales sont prévues tout au long de l’année jubilaire afin de consolider le partenariat entre l’Église et l’État au service d’une éducation intégrale des jeunes générations.

Benjamin MUKANIRE correspondant Diacenco dans l’Archidiocèse de Bukavu

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