La paroisse Cathédrale Notre-Dame de la Paix d’ Ibanda tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de spoliation progressive de sa concession. Le conseil Paroissial dénonce l’envahissement des limites de la propriété par certains voisins, la destruction d’arbres récemment plantés ainsi que le blocage administratif d’un projet de construction d’une école primaire.
L’alerte a été lancée par le vice-modérateur du Conseil paroissial, Me Jean-Claude Zozo Safari, qui affirme que la paroisse éprouve des difficultés à ériger une clôture destinée à sécuriser le domaine de la cathédrale. Selon lui, malgré les efforts consentis pour assainir et embellir le site, notamment par la plantation de nouveaux arbres, certaines personnes mal intentionnées les détruisent ou les laissent dépérir afin de faire disparaître les repères matérialisant les limites de la concession.
« Nous voulons protéger le patrimoine de l’Église et préserver un environnement sain. Malheureusement, des arbres sont régulièrement détruits ou laissés mourir, ce qui constitue, selon nous, une tentative d’effacer les traces des limites de notre concession », a déclaré Me Jean-Claude Zozo Safari.
Au-delà de ces actes présumés de spoliation, la paroisse regrette également le blocage de l’accès à une partie de son terrain, où elle projette de construire une école primaire destinée à renforcer l’offre éducative de la communauté.
Le conseil Paroissial rappelle qu’en octobre de l’année dernière, le gouverneur de province avait instruit les services du cadastre de mener des investigations afin d’établir les limites officielles de la concession de la cathédrale sur la base des documents cadastraux de l’Archidiocèse de Bukavu. Toutefois, ils affirment n’avoir reçu aucun retour officiel à ce jour.
Recevant les doléances des fidèles, l’archevêque métropolitain de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, a assuré que l’Église suit ce dossier avec attention et n’entend pas rester passive face aux allégations de spoliation.
Selon l’ordinaire du lieu, les personnes qui s’approprieraient illégalement des biens appartenant à l’Église poseraient un acte moralement répréhensible. Il a également regretté les obstacles qui empêchent la réalisation du projet d’école sur une parcelle que l’Église considère comme lui appartenant.
L’archevêque a en outre rappelé l’existence de l’accord-cadre conclu entre le Saint-Siège et la République démocratique du Congo, estimant que celui-ci devrait garantir le respect des droits et des biens de l’Église catholique. Il a indiqué que l’Eglise poursuivra les démarches de dialogue avec les autorités compétentes afin de parvenir à une solution conforme au droit et favorable à la paix sociale.
Benjamin MUKANIRE correspondant DIA-CENCO dans l’Archidiocèse de Bukavu
