Àl’ouverture du temps de Carême, l’Archevêque de Bukavu, François-Xavier Maroy Rusengo, a exhorté les fidèles à une confiance totale en Dieu, à la conversion sincère et à la prière pour la paix en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et socio-économiques persistantes.

Des milliers de fidèles ont pris part, ce mercredi, à la messe du Mercredi des Cendres présidée par l’Archevêque à la Cathédrale Notre-Dame de la Paix. Cette célébration marque le début des quarante jours de Carême, cheminement spirituel conduisant à la fête de Pâques.
Dans son homélie, l’Ordinaire du lieu a invité les chrétiens à vivre ce temps fort dans l’humilité, la renonciation et la confiance totale en Dieu, s’appuyant sur le message de Carême du Pape Léon XIV.
Jeûne, prière et aumône : un appel à la cohérence de vie
L’Archevêque a rappelé les trois piliers traditionnels du Carême : le jeûne, la prière et l’aumône. Au-delà du jeûne alimentaire, il a insisté sur le « jeûne de la langue », invitant les fidèles à s’abstenir de critiques, de médisances, de paroles blessantes et de mensonges.

« Évitons de parler pour ne rien dire, de propager des faussetés ou de démolir la réputation des autres. Cherchons plutôt la vérité qui construit », a-t-il déclaré.
Il a encouragé chacun à reconnaître ses fautes et à demander pardon au Seigneur, rappelant que le Carême n’est ni une formalité ni une plaisanterie, même dans un contexte de difficultés économiques où beaucoup peinent à subvenir à leurs besoins.
« Ce qui compte, c’est que nos actes témoignent de notre foi », a-t-il souligné, saluant également les initiatives de solidarité envers les malades dans les hôpitaux et les personnes vulnérables à travers les œuvres apostoliques.
Un message fort pour la République démocratique du Congo
L’Archevêque a également élargi son appel à la situation nationale. Pour la République démocratique du Congo, il a souhaité que ce temps de Carême soit un moment de conversion pour les autorités à tous les niveaux.

Il a exhorté les responsables politiques à éviter les conflits de gouvernance et à privilégier le dialogue, la cohésion sociale et le pardon mutuel, rappelant que « le Christ est le seul Maître » et que les crises sécuritaires, socio-politiques et économiques freinent le développement du pays.
Selon lui, la paix demeure la condition essentielle pour bâtir un avenir stable et prospère.
Le rite de l’imposition des cendres
Au cours de la célébration eucharistique, les cendres ont été bénies puis imposées sur le front des fidèles. À travers ce geste symbolique, l’Archevêque a rappelé la parole biblique : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière », invitant chacun à la conversion et à la conscience de sa fragilité humaine.
À l’entame de ce temps pénitentiel, l’Église de Bukavu place ainsi le Carême sous le signe de la confiance en Dieu, de la purification du cœur et de l’engagement concret pour la paix en RDC.
Benjamin MUKANIRE correspondant DIACENCO dans l’Archidiocèse de Bukavu
