À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, l’archevêque métropolitain de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, a lancé un vibrant appel aux acteurs de la crise sécuritaire et politique qui secoue l’est du pays. Devant des milliers de fidèles réunis à la paroisse Saint-Pierre Claver de Nguba, le prélat a exhorté les différentes parties à privilégier le dialogue, estimant qu’il constitue la seule voie durable vers la paix et la cohésion nationale.
La célébration eucharistique, présidée conjointement avec Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évêque de Goma, s’est déroulée le mardi 30 juin 2026 en présence de nombreux fidèles. Parmi les participants figuraient également des responsables politiques de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), conduits par Corneille Nangaa, dans une région dont une partie est sous leur contrôle.

« Nous sommes le peuple pour lequel vous vous battez »
Dans son homélie, Mgr François-Xavier Maroy a exprimé sa profonde préoccupation face aux souffrances que traverse la population de l’est de la RDC. Selon lui, les divisions entre les protagonistes du conflit continuent de faire des victimes, notamment parmi les enfants et les familles congolaises.
« Nous aimerions que vous sachiez que nous sommes ce peuple pour lequel vous vous battez les uns contre les autres. Notre souhait est de vous voir vivre ensemble, prier avec nous dans une même communion des enfants de Dieu au Congo. Cela nous procurerait une immense joie. L’Église catholique n’a pas de parti pris ; son unique souci est le bonheur de ce peuple qui souffre aujourd’hui », a déclaré l’archevêque devant l’assemblée.
Le prélat a rappelé que les violences armées et les rivalités politiques ne font qu’accentuer les souffrances des populations civiles, appelant les responsables des différents camps à faire prévaloir l’intérêt général sur les divergences.

Un plaidoyer en faveur d’un dialogue sur le sol congolais
Mgr Maroy a également invité les protagonistes de la crise à privilégier un dialogue organisé en République démocratique du Congo plutôt que des négociations tenues exclusivement à l’étranger.
Évoquant les différents processus diplomatiques engagés à Nairobi, Doha, Washington ou encore en Suisse, il a lancé un appel inédit :
« Venez à Bukavu, à Goma, à Kinshasa, à Kisangani ou à Lubumbashi pour tenir vos rencontres. Nous, comme Église, serons à vos côtés pour vous accompagner. Vous êtes au milieu de nous et nous sommes au milieu de vous. Nous pourrions même vous garder ensemble, comme les cardinaux réunis en conclave pour élire un pape, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Notre plus grand souhait serait de vous voir sortir de cette rencontre en apportant au peuple congolais la victoire de la paix, de la justice et du développement. »
Pour l’archevêque de Bukavu, la résolution durable de la crise passe nécessairement par des discussions franches entre Congolais, dans un esprit de fraternité et de responsabilité.
Poursuivant son message, Mgr Maroy a insisté sur la nécessité de reconstruire le vivre-ensemble, gravement fragilisé par des années de conflit.
« Si nous voulons que la paix revienne rapidement, asseyons-nous autour d’une même table en nous regardant comme des frères et des sœurs. Par la prière, le travail et une réflexion approfondie sur cette crise, nous trouverons une solution plus simple, moins coûteuse et bénéfique pour tous. C’est ainsi que nous construirons un pays où il fait bon vivre et où ceux qui exercent le pouvoir agiront sans discrimination pour le développement intégral de notre nation. »
Au cours de cette célébration eucharistique, les fidèles ont commémoré le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le 60ᵉ anniversaire de la création du Centre interdiocésain provincial de Bukavu, le 20ᵉ anniversaire de l’imposition du pallium à l’archevêque métropolitain, la présentation du Missel romain en kiswahili (Ad experimentum) ainsi que le lancement officiel de l’Institut théologique de Muresa.
Benjamin MUKANIRE correspondant DIACENCO dans l’ Archidiocèse de Bukavu
