L’Archidiocèse de Kisangani a célébré avec ferveur la 34ᵉ Journée Mondiale des Malades ce mercredi 11 février 2026 à l’Hôpital Général de Référence de Kabondo. En choisissant de vivre cette célébration au cœur même d’un lieu de soins, l’Église locale a voulu manifester concrètement sa proximité avec ceux qui souffrent et rappeler que la maladie n’exclut personne de la communion ecclésiale.

La célébration a rassemblé de nombreux malades capables de se déplacer, leurs familles, les agents de santé, les responsables des Communautés Ecclésiales Vivantes de Base (CEVB), les communautés paroissiales, ainsi que les mouvements et associations d’action catholique. Cette présence nombreuse et diversifiée a donné à la célébration une dimension profondément communautaire, signe d’une Église qui se fait proche, attentive et solidaire.
La messe solennelle a été présidée par l’abbé Victor Mbatu, délégué de Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de Kisangani. Dans son homélie, il a souligné la portée pastorale du choix du lieu de célébration.

« En autorisant la célébration de cette journée dans l’enceinte de l’HGR/Kabondo, Monseigneur l’Archevêque nous convie à une mission profonde : faire retentir l’Évangile de la miséricorde au cœur même de la souffrance humaine, là où la vie est fragile et l’espérance souvent éprouvée », a-t-il affirmé.
Le célébrant a insisté sur la nécessité pour les chrétiens d’opérer une véritable conversion du regard et du cœur face à la maladie. Il a appelé à vivre une « révolution des œuvres de miséricorde » : une révolution non violente, mais évangélique, capable de transformer durablement les mentalités et les pratiques.

Il a ainsi exhorté l’assemblée à passer :
– d’une charité occasionnelle à une miséricorde organisée ;
– d’une compassion simplement émotive à un engagement structuré et durable ;
– d’une foi déclarée à une foi incarnée dans des actes concrets.
Cette interpellation a trouvé un écho particulier dans un contexte où de nombreux malades vivent des situations de grande vulnérabilité matérielle et morale.
Au cours de la célébration eucharistique, les fidèles, les paroisses et diverses associations ont manifesté leur solidarité en offrant de nombreux biens aux malades. Ces dons, composés notamment de vivres et d’autres produits de première nécessité, ont été remis dans un esprit de partage fraternel.

Ces gestes ont constitué un témoignage visible de la charité chrétienne, rappelant que la foi se traduit par des œuvres et que la communauté ecclésiale demeure attentive aux besoins concrets de ses membres les plus fragiles.
Les agents de santé présents ont également été encouragés dans leur mission, reconnue comme un véritable apostolat au service de la vie. Leur engagement quotidien a été salué comme une participation active à l’œuvre du Christ médecin des corps et des âmes.
La célébration s’est déroulée sous l’égide de l’abbé Gabriel KASIMBA Matala, aumônier diocésain des hôpitaux et des malades et premier prêtre médecin de l’Archidiocèse de Kisangani. Par sa double vocation sacerdotale et médicale, il incarne de manière éloquente la sollicitude de l’Église envers les malades et le monde de la santé.
À travers cette journée, l’Archidiocèse de Kisangani a réaffirmé que les personnes malades ne sont ni oubliées ni marginalisées, mais qu’elles occupent une place centrale dans la vie de l’Église. Leur souffrance, unie à celle du Christ, devient source de grâce pour toute la communauté.
En célébrant cette Journée Mondiale des Malades au sein même d’un hôpital, l’Église de Kisangani a posé un geste prophétique : rappeler que là où l’homme souffre, Dieu se rend présent, et que la miséricorde demeure le visage le plus crédible de l’Évangile.
Abbé Alain BANGA, RTA
