À Bukavu, l’EMABU mise sur l’art pour reconstruire et autonomiser les jeunes

Aimée MUSENGA
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À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, l’École de Musique et Arts de Bukavu (EMABU) veut faire de l’éducation artistique et professionnelle un levier de reconstruction psychosociale et d’autonomisation des enfants et des jeunes affectés par les conséquences des conflits.

Dans un contexte marqué par les violences armées et leurs conséquences sur les communautés, l’EMABU propose un cadre de formation destiné à permettre aux jeunes de développer leurs talents et d’acquérir des compétences utiles à leur avenir.

La musique occupe une place centrale dans cette démarche. Au-delà de l’apprentissage artistique, elle est présentée comme un moyen d’expression, de résilience et de restauration de la confiance en soi. L’école entend ainsi offrir aux enfants et aux jeunes un environnement protecteur où ils peuvent apprendre, créer et retrouver progressivement des perspectives d’avenir.

Mais l’EMABU ne se limite pas à la musique. Son programme comprend également les arts plastiques, l’informatique, les arts culinaires, la coupe et couture, l’élevage et l’agriculture. Cette diversification vise à donner aux apprenants des compétences susceptibles de faciliter leur insertion socioprofessionnelle ou de leur permettre de développer leurs propres activités.

L’agriculture constitue notamment un volet important du projet. L’école développe la production d’oignons, de tomates, de choux, d’amarante et de petits pois. Ces activités doivent à la fois servir de cadre pratique d’apprentissage et contribuer à générer des revenus pour soutenir certaines activités de l’établissement.

À travers cette approche, l’EMABU ambitionne de lutter contre l’exclusion, la pauvreté et la dépendance économique des jeunes. L’objectif est de transformer les talents en compétences, puis les compétences en opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat.

Dirigée et fondée par Me Daniel Rugamika Bakulikira, l’école défend ainsi une vision de l’éducation qui associe art, formation professionnelle et autonomie.

Dans sa philosophie, l’art ne constitue donc pas uniquement un moyen de divertissement. Il devient un outil de reconstruction personnelle et sociale, mais aussi un possible chemin vers la dignité et l’indépendance économique.

« Une école où l’art guérit les blessures de la guerre et devient un chemin vers la dignité, la paix et l’avenir », résume la vision de l’EMABU.

Benjamin MUKANIRE

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