novembre 20, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Parole de Dieu pour chaque Jour

30eme Dimanche du temps ordinaire/ Année C

30eme Dimanche du temps ordinaire/ Année C

(1èrelect. : Sir 35,12-18 ; Ps. () ; 2ème lect. : 2 Tim 4,6-18 ; Ev. : Lc 18,9-14)

Le texte de ce dimanche nous invite à prier avec sincérité, vérité et confiance. Demandons au Seigneur la grâce d’avoir un cœur humble et sincère, qui se laisse aimer et relever par sa miséricorde.

La première lecture, tirée du livre de Ben Sirach, clame que le véritable juge se reconnaît par sa capacité de rendre justice aux pauvres, aux opprimés, aux orphelins et aux veuves. Aujourd’hui comme hier, nombreux sont ceux qui ne prêtent pas attention à ces personnes dont le cri s’envole dans le chaos. C’est pourquoi Ben Sirach estime qu’il est inutile d’organiser un culte formel à Dieu si l’on ne met pas cette parole en pratique dans la vie courante. Dans la deuxième lecture, saint Paul, emprisonné et condamné à Rome, dresse le bilan de sa vie d’apôtre en disant : « J’ai combattu le bon combat, j’ai terminé la course, j’ai gardé la foi. » L’apôtre est donc certain de recevoir la couronne, à l’instars d’un sportif, de celui qui a mené une vie juste, car ce qui compte pour lui, c’est la décision du « Juste Juge », Dieu lui-même.

L’Évangile illustre un épisode où le contraste est saisissant :  Il s’agit d’un publicain qui reste caché dans l’obscurité, n’osant pas lever les yeux vers Dieu, car il est convaincu que sa prière traversera les nuées. Il se frappe humblement la poitrine, lève le cœur et lance un cri de confiance : « Mon Dieu ! » ; un appel au secours : « Prends pitié de moi ! » ; et un aveu : « Montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Telle la prière qui témoigne une prise de conscience de soi, de la personne qui frappe à la porte de Dieu avec la conviction que Seigneur n’abandonne pas les cœurs brisés. Il parle ainsi avec transparence de ses blessures et accueille la miséricorde de Dieu. À l’inverse du pharisien, refermé dans son orgueil, comme moi aussi, orgueilleux, égoïste et injuste. J’adopte une attitude religieuse trompeuse envers les autres que je traite souvent comme des sous-hommes. Mes bien-aimés, lorsqu’un prêtre commence à considérer son ministère comme une entreprise, il est semblable au pharisien ! Lorsqu’un homme tend à réduire sa femme à un objet, il est également un pharisien. Lorsqu’une femme ne sait pas pardonner ni dialoguer avec son conjoint, elle est aussi une pharisienne. Et lorsque le jeune déconstruit l’autorité de ses parents, de ses éducateurs ou de sa famille pour la substituer par des réseaux sociaux, il devient un petit pharisien.

Mes bien-aimés, cette parabole vise à démasquer notre attitude religieuse trompeuse qui consiste à nous croire publicains alors que nous sommes souvent pharisiens. En effet, nous méprisons les autres, alors que Dieu est amour et veut le salut de tous. Il nous accorde même le pardon gratuitement, sans que nous ayons le moindre mérite. Tel un appel à la fois à la vigilance et à l’humilité. Quel que soit notre statut social, familial, nos responsabilités ou notre place dans l’Église, nous sommes appelés à nous souvenir que c’est grâce aux autres, par l’intermédiaire de Dieu lui-même, que nous sommes ce que nous sommes. Cet évangile peut être l’occasion pour chacun de regarder les œuvres de Dieu dans sa vie et de lui demander de se montrer favorable envers les pécheurs que nous sommes. La prière devient alors un acte d’humilité, d’abandon de soi et de reconnaissance de sa finitude, loin d’un cadre d’autocélébration devant Dieu, ou encore d’un lieu où l’on parle du mal des autres en les jugeant.

Demandons au Seigneur la grâce de purifier notre cœur de toute vanité et de tout jugement, et de nous apprendre la prière humble du publicain, afin que nous puissions nous tenir devant lui en toute confiance et que notre vie devienne une réponse à sa miséricorde.  Amen !

John Munganga, SJ correspondant D.I.A