(1ère lect. Ex. 17, 8-13 ; Ps. 120(121) ; 2ème lect. 2Tim. 3, 14-4,2 ; Evangile Lc 18, 1-8)
Les textes de ce dimanche nous rappellent que la prière accompagne notre action et nous aide à affronter les problèmes et les difficultés de la vie sans nous décourager. Demandons au Seigneur la grâce de persévérer dans la prière, même dans les moments de découragement et d’épreuve, afin qu’elle ne soit pas une fuite de la réalité, mais une source de force pour agir avec courage, confiance et espérance.
La première lecture raconte l’histoire du peuple d’Israël qui traverse le désert et est attaqué par des ennemis. Moïse, courageux, lève les yeux vers le Seigneur et invite son peuple à résister, même si la victoire est incertaine. Un simple bâton a défié l’armée égyptienne avec ses chars, ses flèches et ses chevaux. En cette semaine missionnaire, la prière de Moïse doit aussi être la nôtre : l’Église veut mener le combat contre le mal, partager le sort des exclus et garder les yeux, les bras et les mains de l’humanité levés vers le maître de l’histoire. Le psaume relate quant à lui un chant de foi du peuple d’Israël qui, en marche vers la montagne de Jérusalem, avait les yeux fixés sur le Seigneur, veilleur, aussi bien au départ qu’au retour. La lettre de saint Paul à Timothée est un véritable appel à la mission qui dépasse le simple conseil pastoral. Elle exprime l’urgence de la mission chrétienne : annoncer la Parole en toute circonstance, même quand cela semble difficile ou inutile. Accueillie avec foi, cette parole nous transforme et nous pousse à devenir à notre tour messagers d’espérance et témoins du Christ dans notre milieu de vie : famille, travail, communauté et société.
L’Évangile raconte une parabole qui oppose le bien et le mal, un juge immoral et Dieu. L’histoire met en scène une femme sans défense et sans pouvoir, confrontée à une justice corrompue et à un juge indifférent aux pauvres et aux faibles. Sa détermination finira par faire changer l’attitude du juge, qui finira par lui accorder tout ce qu’elle demande. Cette veuve représente la pauvreté et l’impuissance des exclus, des sans-voix et des marginaux. Pourtant, notre Dieu, à la différence de ce juge, reste notre Père. Un père qui aime chacun et nous donne non pas tout ce que l’on veut, mais tout ce dont nous avons vraiment besoin pour être heureux. Mes bien-aimés, le pire ennemi de la foi est le découragement de croire que Dieu n’est jamais là et qu’il nous a abandonnés. Jésus nous met en garde contre ce danger. Croire, c’est persévérer dans la prière, c’est porter son témoignage chrétien jour et nuit, même dans le doute, sans jamais baisser les bras, à l’image de la veuve. Jésus utilise cette parabole parce qu’il y a un problème : le silence apparent de Dieu face à nos demandes, qui peut souvent nous troubler, nous décourager, voire même secouer notre foi. Jésus ne nie pas cette réalité. Au contraire, il la prend au sérieux et nous invite à la traverser dans la confiance. Mes bien-aimés, le silence de Dieu n’est pas une absence, mais un espace où la foi se purifie, où le désir de discernement s’approfondit et où Dieu se manifeste différemment. C’est aussi un moment pour apprendre à écouter autrement : dans la nature, dans les autres, dans la profondeur de notre cœur, jusqu’à ce que nous découvrions secrètement que Dieu n’est pas sourd à nos prières. Jésus nous invite alors à nous souvenir de cette belle parole : « Et moi, je vous dis : demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. » (Luc 11, 9). La foi devient alors une réponse concrète : « Tout ce que vous demandez dans vos prières, croyez que vous l’avez déjà reçu, et vous l’aurez » (Mc 11, 24). Dans un monde qui doute, nie et combat Dieu, rappelons-lui, dans nos prières, que nous tenons à lui à travers nos témoignages de vie. La prière devient alors le meilleur moyen de retrouver un certain équilibre et de se sentir moins seuls face aux difficultés que nous rencontrons. Demandons au Seigneur la grâce de porter notre identité chrétienne avec fidélité, afin que notre témoignage de vie parle autant que nos paroles. Amen !
John Munganga, SJ
