novembre 20, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Parole de Dieu pour chaque Jour

28eme Dimanche du temps ordinaire/ Année C

(1ère lect. 2R 5, 14-17 ; Ps.  97 (98) ; 2ème lect. 2Tim. 8, 8-13 ; Évangile Lc 17, 11-19)

Les lectures de ce dimanche nous invitent à reconnaître que la foi et l’amour du prochain sont indissociables. Demandons au Seigneur la grâce d’une foi qui se traduit par une charité agissante.

La première lecture raconte l’histoire de la guérison de Naaman, général de l’armée du roi de Syrie, qui exprime sa gratitude en allant à la rencontre du prophète Élisée. Tel un récit annonçant que le salut de Dieu est offert à tous les hommes, même à ceux qui sont loin de lui. C’est cette bonne nouvelle que nous devons témoigner et annoncer partout, notamment dans les périphéries où les doutes sont présents et où les autres ne peuvent pas aller. C’est cette bonne nouvelle pour laquelle l’apôtre Paul a souffert, allant jusqu’à être enchaîné. Pourtant, comme dit-il dans sa lettre à Timothée, on n’enchaîne pas la parole de Dieu pour laquelle Jésus est mort et ressuscité. Mes bien-aimés, bien que nous soyons souvent éloignés de notre Seigneur, lui demeure toujours fidèle en nous. Telle est la signification même des paroles de l’apôtre, dit-il : là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé.

L’Évangile illustre cet amour surabondant à travers la parabole des dix lépreux qui viennent à la rencontre de Jésus. Ces hommes, exclus de la société et condamnés à vivre à l’écart, implorent sa guérison. Pèlerin de l’espérance, Jésus prend soin de tous ceux et celles qui se sentent exclus. Tel un geste qui peut interpeller notre attitude à l’égard des personnes que la société actuelle « chosifie », les marginaux qui dérangent notre vie bien tranquille, celles dont le monde se moque et qui portent les peines de l’exclusion au quotidien. Jésus montre à l’humanité que ces personnes occupent la première place dans le cœur de Dieu. Plus loin dans le texte, les paroles de Jésus continuent de nous réconforter : « Ta foi t’a sauvé ! » Une parole qui illustre le chemin de la foi, à l’image de ces lépreux qui n’ont pas été paralysés par leur exclusion, mais qui ont crié avec foi et courage vers un Dieu qui n’exclut personne. Un cri d’Esperance qui les a sortis de la solitude, du chaos de leur exclusion et de leurs regrets, et qui les a rapprochés du Seigneur. Telle est la foi confiante, si misérable et fragile soit-elle, mais qui nous apprend à ne pas laisser la honte et la peur nous paralyser. En effet, Dieu ne demande pas une foi parfaite, mais une foi vraie, humble, confiante et ouverte à sa grâce, afin d’espérer contre toute espérance.

« Ta foi t’a sauvé ! » Ces mots signifient non seulement qu’il est guéri, mais aussi qu’il est sauvé. Son salut ne se limite pas à sa guérison ou à la prolongation de sa vie et à son intégration dans la société, mais à sa rencontre avec Jésus. Cette rencontre bouleversante met à nu nos fragilités, nos résistances et nos fausses sécurités, à l’image de Zachée. Elle nous pousse à une renaissance intérieure. Après la guérison, la scène de l’évangile se poursuit et prend une autre tournure : alors que les dix lépreux purifiés sont partis, l’un d’entre eux revient et se jette aux pieds de Jésus. Le guéri éprouve en lui quelque chose de nouveau pour ce Père bon qu’il n’oubliera jamais. Cet homme purifié est là pour lui dire merci, car il a reçu le plus beau des cadeaux de Dieu. Il pose ainsi ce geste héroïque de reconnaissance, « merci », qui fait de lui le signe visible d’une foi vivante.  Jésus est pourtant attristé en le voyant : « Ne sont-ils pas tous les neuf autres purifiés ? » Dans cette question résonne une douleur discrète, celle d’un amour souvent oublié. Jésus ne cherche pas la reconnaissance pour lui-même, mais seulement ce minime geste, et qui ouvre pourtant le cœur à la relation. Les neuf autres ont reçu la guérison du corps, mais seul celui qui revient reçoit la guérison du cœur. Le geste de ce lépreux nous enseigne que la foi authentique ne se limite pas à demander, mais consiste surtout à remercier. La gratitude transforme la grâce reçue en une rencontre vivante avec Dieu. Mes bien-aimés, le Seigneur, pèlerin de l’espérance, continue à œuvrer dans nos vies jusqu’à la fin des temps. Or, nous avons souvent une vision réductionniste de Dieu, le considérant comme un distributeur automatique de miracles, alors qu’il est notre Père. Un père ne donne pas tout ce que l’on veut, mais tout ce dont on a vraiment besoin. Le silence de Dieu dans notre vie ne signifie pas son absence, pas plus que le fait que notre guérison tarde ou que notre salut soit encore loin. La vraie joie, c’est d’avoir confiance en Dieu, même lorsque tout semble décliner dans notre vie, en fixant toujours notre regard sur Jésus crucifié, qui allège la souffrance des exclus et des opprimés. Demandons au Seigneur la grâce de nous purifier afin d’aimer particulièrement les pauvres, et de voir en chaque frère et sœur, sans exception, la présence du Christ lui-même.

Amen !

John Munganga, SJ