novembre 20, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Parole de Dieu pour chaque Jour

27eme Dimanche du temps ordinaire/ Année C

Les lectures de ce dimanche nous invitent à la foi et à la confiance en Dieu, même dans l’adversité. Très souvent, comprendre le silence de Dieu est parfois difficile lorsque nous traversons des épreuves. C’est pourquoi garder la foi sans comprendre est une preuve de fidélité. Demandons au Seigneur la grâce de la confiance et de la fidélité.

(1ère lect. Hab. 1, 2-3 ; 2, 2-4 ; Ps.  94 (95) ; 2ème lect. 2Tim. 1, 6-8. 13-14 ; Évangile Lc 17, 5-10)

La première lecture nous ramène aux années 600 av. J.-C., lorsque les Assyriens de Ninive ont été écrasés par Babylone. Ces horreurs de la guerre, qui se répètent jusqu’à nos jours, ont suscité des interrogations chez les prophète Habacuc : « Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Pourquoi permets-tu le triomphe de la force injuste ? Devant moi, dispute et discorde, pillage, violence, guerre en République démocratique du Congo, en Ukraine et en Palestine ; à quoi bon appeler au secours face à tous les crimes et toutes les violences qui nous accablent ? » Loin de perdre sa foi face à ces épreuves, Habacuc demeure certain que l’aube viendra, et que les heures de victoire de l’ennemi ne dureront pas toujours, car le mal n’aura jamais le dernier mot.

La deuxième lecture est une lettre que saint Paul, emprisonné à Rome avant son exécution, adresse à Timothée pour l’exhorter à prendre la relève : « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, dit-il, mais un esprit de force, d’amour et de la sagesse. » Autrement dit : « J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis. » (1 Co 11, 23). Telles sont les paroles réconfortantes qui fortifient la foi aussi bien de Timothée que de tous ceux et celles qui sont persécutés à cause de leur foi en Christ. Ces derniers ont compris qu’ils n’avaient pas à avoir honte, car la honte ne touche que ceux dont la foi est faible.

L’Évangile relate un dialogue entre Jésus et ses apôtres, qui lui posent quelques questions : comment savoir si nous avons vraiment la foi, et si elle est authentique, pure et franche ? Jésus leur répond en disant que la mesure de la foi, c’est le service. Pour illustrer son propos, il raconte une parabole dans laquelle il met en scène un maître dont la façon de faire met en lumière l’attitude de disponibilité du serviteur envers Dieu, ainsi que son désir de faire sa volonté sans calcul ni prétention. Il poursuit ensuite en disant : « Si vous aviez la foi, même minuscule comme une graine de moutarde, vous auriez dit à cet arbre : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. » Mes bien-aimés, nous n’avons pas besoin d’une grande foi ; celle à la dimension d’une graine de moutarde suffit pour accomplir des choses apparemment impossibles. Reconnaître l’état imparfait de sa foi et prier Dieu de la faire grandir sans cesse est déjà le début de cette croissance. Humble comme le grain de sénevé, la foi ne prétend pas être celle d’un grand croyant. Elle éprouve un grand besoin de Dieu et, dans sa petitesse, se confie à lui avec une confiance totale. C’est aussi une foi qui nous donne la capacité de regarder l’avenir avec espérance et de surmonter les échecs et les souffrances, convaincus que le mal n’aura pas le dernier mot. Cette parabole se termine par cette belle phrase : « Quand vous aurez accompli tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs ; nous n’avons fait qu’accomplir notre devoir”. » Telle une invitation à accomplir notre mission avec sérénité, sans prétention ni attente de remerciement, car c’est Dieu seul qui est le maître de la moisson. Il nous faut donc un peu de foi pour se mettre totalement à son service, afin que, lorsque le maître reviendra, il nous trouve en train de veiller. Demandons au Seigneur la grâce de renouveler en nous cette foi et cette confiance, afin de demeurer de bons et fidèles serviteurs en toutes circonstances. Amen !

Père John Munganga, SJ Correspondant D.I.A CENCO.